jeudi 5 février 2009

Chers collègues

Ces deux derniers week-end, nous avions invité mes anciens collègues de France Telecom Cyril, Céline, Véronique, Aliette, Carole et Oana, ainsi que leurs familles respectives, et à chaque fois, nous avons passé une excellente journée, pleine de vie, d'esprit, de discussions et d'amitié.

A la division RO&SI, j'avais cette chance inouie d'être entourée de collègues qui, au fil du temps, étaient devenus plus que des connaissances : des amis. En dépit (à moins que ce ne soit à cause?) de toutes les difficultés, réorganisations, pressions et autres tempêtes professionnelles, on formait une belle équipe : j'appréciais vraiment 80% des gens et c'était réciproque, je crois. On se tenait les coudes, on se marrait, on s'indignait ensemble, on avait confiance.
Il reste forcément quelque chose de ce quotidien partagé, de ces cafés prolongés, de ces fou-rires, de ces coups durs, de cette intimité. Je suis fière, malgré tout, de ce qu'on a accompli ensemble, de ce qu'on a sauvé. Les premiers mois n'ont pas été faciles, il a fallu s'adapter les uns aux autres mais au final, les rapports hiérarchiques étaient simples et fluides, dans un sens comme dans l'autre.
Depuis, la "grande époque" a pris fin et de l'eau a coulé sous les ponts: Cyril est parti faire un tour chez Orange, puis à l'extérieur du Groupe, où il est malheureux comme les pierres ; Carole a émigré en Suisse, puis est revenue ; Oana travaille désormais pour la femme de Cyril (!) ; Aliette a changé de poste ; seules Céline et Véronique sont restées et l'ambiance n'est plus ce qu'elle était.
On ne travaille plus ensemble mais notre relation, elle, perdure. Avec l'un, je discute boulot, motivation, famille, sport. Avec l'autre, littérature, cinéma, photographie. Avec une troisième, politique, engagement, solidarité. Avec une quatrième, bébés, éducation, fringues, vacances, etc.

Chez Orange, où je suis restée 6 mois après avoir quitté RO&SI, pas une seule réussite dont je sois fière, juste une sensation de malaise et un goût amer dans la bouche. Et je réalise la distance qui me sépare des personnes avec qui j'y ai travaillé : les inviter chez moi ne me viendrait même pas à l'esprit, tant on avait peu en commun.

Décidément, la chance qu'on a de travailler avec des gens qu'on apprécie, on ne la mesure vraiment que quand on l'a perdue.

mardi 3 février 2009

Trois pas en avant, deux pas en arrière

Cela fait maintenant quelques mois que Régis et moi essayons de convaincre Sidonie, 2 ans et demi, qu'elle est assez grande pour faire pipi et caca dans les toilettes. Force est de constater que jusqu'à présent, notre petite princesse était dubitative. Elle semblait très bien savoir quand elle avait envie et était même capable de se retenir quand il fallait mais de toute évidence, aller sur les toilettes (ou sur le pot) l'effrayait et voir partir ses excréments dans la cuvette encore plus. D'ailleurs, les couches sont devenues si confortables, de nos jours, qu'elle n'en ressentait aucune gêne.
Pourtant, il y a trois semaines, grande avancée : à force d'insistance, Sido s'était finalement laissée infléchir et acceptait, de temps en temps, de faire ses besoins dans les toilettes. Et lorsque sa couche était souillée, elle venait nous chercher immédiatement pour qu'on la change.
Mais ces progrès, fragiles, n'étaient pas sans contrepartie : alors que nous avions obtenu, de haute lutte, qu'elle dorme lumière éteinte (mais avec deux veilleuses...), elle s'était soudainement remise à avoir peur du noir et à faire des cauchemars.
Dans la journée, elle qui était toujours ravie d'aller "voir les copains" à la ludothèque ou à la halte-garderie et qui jouait de manière autonome, ne voulait plus se séparer de moi et se montrait plus câline et plus "pot-de-colle" que jamais. Pour la première fois depuis des mois, elle avait pleuré lorsqu'un soir, nous étions sortis et l'avions laissée avec sa soeur aux soins du baby-sitter, pourtant adorable.
Parallèlement, je commençais à rediscuter à la maison de ma reprise du travail et cela semblait perturber Sidonie. Du coup, afin de ne pas la traumatiser inutilement, nous avons levé le pied sur nos exigences de propreté, convaincus que cela arriverait en temps et en heure.

Depuis, tout semble s'arranger peu à peu. Elle a retrouvé le plaisir de jouer avec les petits de son âge et cette semaine, avant d'arriver à la halte-garderie, elle m'a déclaré avec un sourire triomphant :
- Aujourd'hui, moi, je vais "aux copains" et je ne pleurerai pas!
Qu'est-ce que j'étais fière de ma grande fille!
Quant à aller sur les toilettes, on lui propose... et Mademoiselle dispose.

lundi 2 février 2009

And now, ladies and gentleman...

... voici ce que vous attendiez tous avec impatience depuis des semaines (roulement de tambour au loin) : les résultats du SONDAGE!!!!
Bon, il n'a pas toujours été facile de collecter les réponses - une ou deux se sont d'ailleurs perdues corps et âme dans les limbes de l'Internet et des Google Accounts - mais malgré l'évidente barrière technologique, vous avez tout de même été 9 (oui oui, vous avez bien lu, 9) à me faire parvenir des réponses complètes, argumentées et parfois même rigolotes.
Alors
1) MERCI pour ce soutien franc et massif
2) Vous avez bien mérité un petit debriefing chiffré des résultats.

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Bilan du sondage :
lecteurs de Massy-en-Blog, qui êtes-vous et que voulez-vous?

- Vous êtes pour moitié des membres de la famille, l'autre moitié étant constituée d'ami(e)s. 2/3 des répondants sont... des répondantes (ouh ouh, les gars, où êtes-vous?). Après vérification, force est de reconnaître que ni Sarkozy, ni Obama ne fait partie de mon lectorat.

- Vous lisez ce blog une à deux fois par mois pour la majorité d'entre vous, mes 2-3 plus ardents supporters atteignant une lecture par semaine en vitesse de croisière

- Les 3/4 d'entre vous déclarent beaucoup aimer ce blog, tandis que le dernier 1/4 se prend de passion pour mes aventures (ah, j'aime entendre cela..)

- 100% de mes lecteurs se marrent ou se détendent en lisant mon blog. Je ne pouvais rêver plus grande réussite, surtout que je parviens aussi à en émouvoir la moitié. Un seul lecteur se dit embarrassé en me lisant, mais que voulez-vous, personne n'est parfait.

- A une écrasante majorité, vous lisez Massy-en-blog tranquillement de chez vous (l'un a quand même la télé allumée en fond sonore). Vous êtes 1/4 à le consulter aussi du boulot et à reconnaître implicitement que vous vous y ennuyez à mourir.

- A l'unanimité, vous plébiscitez les articles sur la famille, les amis, les enfants et la vie quotidienne. Mais fidèle à la réputation des français, une grosse moitié d'entre vous apprécie aussi les articles sur la politique, l'actu, l'amour, la culture et les voyages. Bravo!

- Vos articles préférés sont, dans l'ordre :
Avant / après, bilan de mon congé parental (cité trois fois)
ma tentative poétique Quand Sidonie joue (cité trois fois)
tous les articles sur les bêtises et progrès des filles (cités deux fois), et en particulier Spiderwoman et Sidonie en solde
notre ordinateur qui tombe en panne dans Les joies de l'informatique
la victoire d'Obama dans Obama casse la Barack
tous les articles sur les vacances

- Vous êtes quasi unanimes à me demander de ne surtout rien changer à mon blog, sauf une suggestion de publier plus souvent et de mettre plus de photos.

- Globalement, vous êtes satisfaits d'apparaître dans le Blog et vous réjouissez, tel Andy Warhol, de votre petit quart d'heure de gloire. 1/3 d'entre vous tente tout de même de se faire de l'argent sur mon dos en réclamant des droits à l'image (je rappelle à ceux-là que la raison pour laquelle j'ai le temps d'écrire ce blog, c'est que je suis en congé parental et ne gagne donc pas d'argent!! Rapaces!!)

- Grâce à ce blog, vous avez appris pleins de choses : la moitié d'entre vous a découvert des secrets de famille, l'autre moitié a eu soudainement envie d'avoir des enfants (mais je préviens à l'avance que je n'assure pas le service après-vente), 1/4 est maintenant conscient de l'étendue de mes talents culinaires, 1/4 s'est bien marré du malheur des autres (j'ai les noms) et 1/4, qui avait encore des doutes sur la solidité de notre couple, est maintenant rassuré. Une seule personne, dont l'identité restera secrète, croit désormais, grâce à moi, à l'égalité des sexes. Quant à Régis, eh bien, il n'a rien appris.

- Vous trouvez tous, sauf un, que ce blog est une chronique "jolie et amusante". Mieux encore, près de la moitié d'entre vous me voit comme l'archétype de la jeune maman moderne et considère ce blog comme une "réussite absolue". La classe.

- Enfin, vous êtes 50% d'indulgents à trouver ce sondage intéressant et utile (ouf). Un seul individu isolé raffole des trucs interactifs et 4 personnes ont confondu ce questionnaire avec le jeu télévisé "Qui veut gagner des millions". Je vais donc les décevoir : il n'y a rien à gagner, que ma respectueuse considération.

dimanche 1 février 2009

Le boulot

En Juin prochain, ce ne sera pas seulement l'anniversaire de Sidonie : ce sera aussi la date théorique de mon retour au boulot, le congé parental légal se terminant de fait aux trois ans du plus jeune enfant de la famille. Il est donc temps pour moi de réfléchir sérieusement à mes options et de prendre une décision quant à mon avenir immédiat. Si je dois revenir à France Telecom, c'est maintenant ou jamais.

La vérité, c'est que je n'ai jamais envisagé de rester femme au foyer une fois que mes deux filles seraient scolarisées. Malgré mes nombreuses réticences à revenir à mon ancien poste chez Orange, source de stress, de galère d'organisation et de nuits sans sommeil, il m'a toujours semblé évident que je reprendrais une activité professionnelle le moment venu.
La question n'était pas tant SI je retravaillerais, ou QUAND, mais plutôt pour faire QUOI? Hélas, ces 18 mois de maman à temps plein m'ont laissé moins de temps libre que je ne l'espérais et ne m'ont pas permis de d'avancer de manière substancielle dans mes divers projets d'écriture. Je n'en tire d'ailleurs aucune frustration particulière : vouloir mener ces deux activités de front - m'occuper de mes filles et avancer dans l'écriture d'un roman - était sans doute trop ambitieux et très vite, j'ai fait le choix de privilégier l'équilibre de mes enfants avant tout. Mais à présent, pour vivre confortablement à quatre sur le long terme, un deuxième salaire redevient nécessaire et, la crise aidant, je ne me sens pas prête à renoncer à la sécurité de l'emploi que procure France Telecom. D'où mon désir de réamorcer le dialogue avec eux et de voir ce qu'on a à m'offrir.

Alors que ces questions commencent sérieusement à me tarauder, je reçois un SMS de mon chef chez Orange qui me propose de discuter de mon éventuel retour parmi eux. Sitôt dit, sitôt fait, je le rappelle et on rentre rapidement dans le vif du sujet. Il en ressort que :
- Oui, il souhaite que je revienne dans son service car il a besoin de moi et a une bonne opinion de mon travail passé et de mes compétences
- Oui, je suis d'accord pour revenir dans son service et occuper un poste de chef de produit. MAIS, il y a un "Mais" (et même deux, en fait) :
- Cela m'est difficile de recommencer à travailler en juin, car je n'ai personne pour garder mes enfants pendant les trois mois d'été. Je demande donc à repousser mon retour si possible jusqu'en septembre, une fois que les filles seront rentrées à l'école. Il est d'accord sur le principe, il lui suffira de prolonger de trois mois le CDD de la personne qui me remplace.
- Afin de préserver un certain équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie familiale, je souhaite non pas reprendre à plein temps, mais au 3/5. J'explique que je voudrais avoir mon mercredi de libre pour m'occuper des enfants, ainsi qu'un autre jour de la semaine pour me consacrer à un projet d'écriture.
Bonne surprise, il semble ouvert à la discussion et sans a priori contre le temps partiel.

Deux semaines plus tard, il me recontacte. Il a une bonne et une mauvaise nouvelle pour moi.
- Oui, les Ressources Humaines sont d'accord pour que je ne reprenne qu'en septembre. Je devrais simplement les informer par lettre que je souhaite poser un congé sans solde cet été.
- Non, les RH ne veulent pas entendre parler d'une reprise au 3/5. Les missions de mon service étant considérées comme "prioritaires et stratégiques", les salariés doivent être mobilisés au maximum. Mon chef m'explique que c'est une décision admnistrative, contre laquelle il ne peut pas lutter. Toutefois, il me propose, avec l'accord des RH, un 4/5, avec le mercredi de libre.

Je ne cache pas ma déception et lui fais part de mes réticences : 4/5, cela signifie que je n'aurais pas le temps de développer mon projet personnel, qui me tient particulièrement à coeur. De plus, je crains que ce 4/5 ne soit qu'un plein temps déguisé, qui me laisse une charge de travail ingérable et me pousse à faire des journées à rallonge, justement ce que je voulais éviter.
Il ne nie pas mais se dit prêt à discuter des modalités et des horaires et m'affirme qu'il sait être "cool" quand il faut. Et de conclure :
"Tu n'as pas besoin de décider tout de suite, je te laisse réfléchir. On aura tout le temps d'en reparler d'ici deux ou trois semaines."

Deux ou trois semaines pour réfléchir à l'organisation de mon temps de travail, ce ne sera pas de trop. Je suis bien consciente que la qualité de notre vie familiale future en dépend et j'ai la ferme intention de jouer serré.

samedi 31 janvier 2009

Hamlet trash

Après un passage remarqué à Avignon cet été, c'est au théâtre de Sceaux que le metteur en scène berlinois Thomas Ostermeier revisite, avec violence et en allemand, le classique des classiques de la littérature anglaise : le Hamlet de Shakespeare. On avait déjà vu et apprécié, il y a deux ans, son interprétation de La Maison de poupée d'Ibsen, déjà assez trash et novateur.
Le but avoué d'Ostermeier cette fois-ci : "botter les fesses" du traditionnel Hamlet, généralement présenté comme un héros séduisant, tragique et tourmenté. Le sien, incarné par le génial Lars Eidinger affublé d'une bedaine postiche, est un fils à papa lourdaud et malsain, dévoré par la haine, imprévisible, violent, instable, qui feint la folie pour finalement sombrer corps et âme dans la démence. Gertrude, la mère adultère, promène avec langueur ses cheveux blonds peroxydés et ses lunettes noires de people, puis se transforme, en retirant simplement sa perruque, en une Ophélie brune et virginale, incarnation de l'innocence.
Grande idée de mise en scène : Hamlet, narcissique et obscène, filme, caméra à l'épaule, ses propres monologues et projette son image en gros plan sur le rideau de fils d'or qui partage la scène. Lors des banquets, les personnages pérorent dans un micro, sur un ton faussement modeste digne de la cérémonie des Césars, en perpétuelle représentation d'eux-mêmes. Musique hard rock à fond les ballons, cubis de gros rouge et de lait, scène boueuse, mitraillettes, Ostermeier ne recule devant rien pour impressionner et choquer. Parfois, il vise dans le mille : ses effets sonores sont très réussis, ses gros plans dérangent et la scène de noyade d'Ophélie est sublime. A d'autres moments, lorsque la peinture rouge coule à flots, on sombre dans la parodie et le Grand-Guignol et la magie opère moins.
Mais au global, la mise en scène est puissante, les acteurs fabuleux, on oublie au bout de cinq minutes que la pièce est en allemand et on ne s'ennuie pas une seconde. Ce qu'on appelle une réussite donc.

jeudi 29 janvier 2009

Un peu de littérature

Tout d'abord, LE livre que je recommande à tous de 17 à 77 ans, pas très connu en France mais déjà un best-seller à l'étranger et salué par toute la critique internationale : La Voleuse de livres de Markus Zusak. L'accroche de l'ouvrage, brillante, donne d'emblée envie de se jeter sur la première page :
Quand la Mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter.

Eh oui, car une des idées de génie du roman, c'est que le narrateur est... la grande faucheuse elle-même, découragée par la folie des hommes et un peu dépassée par l'ampleur de la tâche dans l'Allemagne nazie de 1939. Je pourrai ajouter que l'histoire tourne autour du destin exceptionnel d'une fillette illettrée d'une dizaine d'années, maintes fois frôlée par la Mort ; qu'après la découverte du "Manuel du fossoyeur" à l'enterrement de son petit frère, sa vie ne sera plus jamais la même ; que beaucoup d'autres malheurs, et beaucoup d'autres livres suivront.
Je pourrai aussi dire que le livre n'est jamais désespérant, jamais glauque et que la Mort, parfois, a plus d'humour et d'humanité que les hommes eux-mêmes.
Mais après tout, lisez-le, vous verrez bien!

Retour en France maintenant avec deux livres de souvenirs de Françoise Sagan, Avec mon meilleur souvenir et ... Et toute ma sympathie. C'est le passionnant film de Diane Kurys retraçant la vie de Sagan, ce "charmant petit monstre" incarné avec un mimétisme confondant par Sylvie Testud, qui m'a donné envie de me replonger dans l'oeuvre de l'écrivain et de découvrir sa biographie. Car la vie de Françoise Sagan, romancière jusqu'au bout des ongles, EST un roman. Elle a connu le succès fulgurant et le scandale à 18 ans avec "Bonjour Tristesse" ; elle a rencontré Billie Holiday, Tennesse Williams, Orson Welles, Federico Fellini, Rudolf Noureev et Catherine Deneuve ; elle a été l'amie de Jean-Paul Sartre, Ava Gardner et François Mitterrand ; elle a eu des maris, des amants, des maîtresses, un fils ; elle a fréquenté la haute-société, la jet-set, les dealers, les petits escrocs ; elle a eu des voitures de course, des chevaux, des dettes et des problèmes avec le fisc ; elle a écrit des romans, des pièces de théâtre et présidé le Festival de Cannes ; elle a beaucoup gagné au casino, et beaucoup perdu ; elle a essayé la drogue, les médicaments, l'alcool ; elle a aimé le jeu, la vitesse, la littérature, l'amitié et St Tropez. Elle a vécu à cent à l'heure, entretenu beaucoup de parasites et est morte ruinée, malade et seule. Elle a eu neuf vies au moins, comme les chats. On lui souhaite beaucoup de bonheur dans la dixième.

mardi 27 janvier 2009

Mendelssohn en VO

Noël est passé, exit les petits anges, les Rois mages et les frimas de l'hiver du compositeur Suisse contemporain Jean Mamie, et place à du solide : ma chorale chante désormais Mendelsohnn et Schubert, en Allemand dans le texte.
Au programme des concerts des mois de Mai et Juin, le Psaume 42 et le Te Deum de Mendelssohn, le Mirjams Siegesgesang de Schubert, ainsi qu'une pièce de Rossini et le Locus Iste de Bruckner. La particularité de cette année, c'est que les concerts sont donnés en commun avec la Chorale Orpheo de Niort, sur le même principe que les échanges lingusitiques. En mai, nous les rejoindrons à Niort et La Rochelle pour chanter avec eux et en juin, ce sera à nous de les accueillir pour deux concerts en région parisienne.
Les premières séances de déchiffrage des partitions sont toujours un peu laborieuses mais après un mois de travail, on commence à avoir une idée de la beauté des morceaux.
Le plaisir de chanter, lui, viendra petit à petit.

dimanche 25 janvier 2009

On n'est pas beaux, tous les quatre?

Deux photos de nous quatre pour inaugurer en beauté cette nouvelle année 2009.
Profitez-en, c'est une fois par an seulement!

Trouvez les 7 différences

jeudi 22 janvier 2009

Lapin magique

En cadeau avec son nouvel abonnement à "J'aime Lire", Eponine vient de recevoir le "fabuleux kit de magicien Tom-Tom et Nana". Que les trentenaires nostalgiques essuient discrètement leur petite larme au souvenir de ces deux affreux jojos, héros des cours de récré de leur enfance, et se réjouissent : oui, Tom-Tom et Nana existent toujours et oui, les enfants d'aujourd'hui rient encore de leurs bêtises et de leurs idées farfelues pour les réparer.

Quoi qu'il en soit, Eponine entreprend illico d'obtenir son doctorat ès Magie & Sciences occultes, sort tout le matériel et épluche la notice. Le verdict ne tarde pas à tomber :
- Tu sais Maman, c'est un peu nul, sur la notice y'a même pas la formule magique pour faire apparaître des trucs, genre "Abracadabra".
Je suis forcée de reconnaitre qu'effectivement, c'est embêtant.
Elle ne se laisse pas abattre pour autant et essaie différents tours, tout en proférant des incantations diversement créatives et en tapotant les gobelets de couleur avec sa baguette magique noire et blanche. Puis, l'air soucieux, elle se fige :
- Dis Maman, mais comment on va faire quand j'aurai fait apparaître un vrai lapin vivant, comme le clown Pois-Chiche? Parce que c'est embêtant, comme tu es allergique, on ne pourra pas le garder...
Je suis forcée de reconnaitre qu'effectivement, c'est embêtant.
Alors que je suis sur le point de suggérer avec diplomatie que peut-être, l'apparition du lapin vivant, ce ne sera pas pour tout de suite, et qu'avant d'y arriver, elle devra beaucoup s'entraîner, le visage de ma magicienne en herbe s'éclaire :
- Je sais! On n'aura qu'à le donner à Mathilde, puisqu'elle en a déjà un! Comme ça, ça lui fera un copain!
Je suis convaincue que Mathilde, notre baby-sitter de quinze ans, serait ravie d'accueillir un deuxième lapin chez elle. Je suis moins sûre, par contre, de l'enthousiasme de sa mère, au vu de ses tentatives désespérées pour refourguer son lapin à tous les voisins de l'immeuble.
Mais je garde mes opinions pour moi et hoche la tête en souriant.

Après tout, lorsque ma fille de 7 ans aura réussi à faire apparaître un lapin vivant grâce au "kit magie Tom-Tom et Nana" de chez Bayard Presse, il sera toujours temps de se poser la question.

lundi 19 janvier 2009

Clowneries

Le nouveau labo de Régis au Kremlin-Bicêtre organise un petit spectacle de Noël pour les enfants du personnel, avec, en vedette, le clown Pois-Chiche, qu'Eponine a déjà vu (et apprécié) au restaurant "L'île" d'Issy-les-Moulineaux il y a deux ans.

Au vu de toutes ces mines réjouies, mes filles ne sont pas les seules à apprécier!

Pois-Chiche et sa consciencieuse assistante Zoé

Le clou du spectacle : le lapin, apparu comme par magie, que tous les enfants veulent caresser "pour vérifier".

Le lendemain, c'est au tour de Sidonie seule d'être invitée au spectacle annuel de la halte-garderie, pendant qu'Eponine souffre sur sa dictée hebdomadaire. Et coïncidence, devinez qui est chargé de distraire les petits? Un clown, naturellement (heureusement, celui-ci ne s'appelle pas Pois-Chiche).
Sidonie ne s'en lasse pas et rit à gorge déployée, participant, applaudissant, encourageant l'énergumène dans ses drôles de mésaventures. A la fin du spectacle, elle lui court même après pour lui dire au revoir et lui faire un bisou.
On a beau dire, cela fait toujours plaisir de les voir heureux.

dimanche 18 janvier 2009

Conversations avec ma mère

Pendant que notre baby-sitter Mathilde (elle est zentiiille, Matiil, hein Maman?) surveille nos deux schtroumphettes, nous filons au théâtre de Sceaux retrouver mes beaux-parents et leurs amis pour un spectacle drôle, émouvant et un brin nostalgique, Conversations avec ma mère, mis en scène par Didier Bezace d'après le film argentin de Santiago Carlos Ovès.
Jaime, la cinquantaine, est un cadre dynamique qui a toutes les apparences de la réussite sociale et du bonheur conjugal. Sa mère, octogénaire, vit en toute indépendance dans l'appartement prêté par son fils. Tous deux évoluent dans deux mondes parallèles et ont pris l'habitude de se dire des banalités, sans vraiment se parler ni s'écouter. La crise personnelle et financière que traverse le fils va changer la donne et rendre à leur relation mère-fils toute sa saveur, son humour, sa tendresse. En six conversations entrecoupées d'écrans noirs, à mesure que la carapace du fils se fissure, ils réapprennent à se connaître, à communiquer et explorent ensemble un passé qui, parfois, nous aide à éclairer le présent. Jusqu'à une magnifique séquence finale où Jaime enfant s'amuse à sauter dans les flaques d'eau qui parsèment la scène.
Il y a quelque chose de l'Amérique Latine dans cette histoire où plânent les fantômes d'Isabel Allende et de sa Maison aux esprits, mais aussi, grâce au jeu subtil et complice des comédiens Isabelle Sadoyan et Didier Bezace, quelque chose de profondément français.
D'ailleurs, les réactions enthousiastes de la salle en témoignent : combien de spectateurs ont visiblement retrouvé leur propre mère dans ces "Conversations.."!

vendredi 9 janvier 2009

Sidonie en solde

Aujourd'hui, je me décide à succomber avec délice à la folie des SOLDES : foule, abondance de vêtements en tas sur les étagères, vendeuses stressées, carte bleue en surchauffe, que voulez-vous, malgré tous ces inconvénients, j'aime ça!
Et comme je suis masochiste (et que je n'ai pas le choix), j'emmène Sidonie avec moi dans ce périple typiquement féminin (il n'est jamais trop tôt pour apprendre - observe, ma fille, observe!).
Nous y passons deux heures et Poupoune fait preuve d'une relative patience, à condition que je la laisse sortir de la poussette et explorer les rayons à sa guise. A la grande joie des vendeuses, elle joue à cache-cache derrière les portants (Coucou Maman, je suis là!), effleure les tissus (C'est dOÔuux, ça, hein Maman?), soulève le rideau de la cabine d'essayage (T'es là, Maman?) et essaie même un soutien-gorge... sur la tête. Au final, c'est une compagne de soldes plutôt agitée mais de bonne composition, et d'un enthousiasme communicatif : dès que j'essaie un truc, elle se répand en compliments, trouvant tout "très zÔoli".
A Sergent-Major, après une sélection cornélienne, je rejoins en soupirant la dizaine de personnes qui attend déjà à la caisse. Pendant ce temps, Sidonie s'installe carrément DANS la vitrine d'exposition, parmi les mannequins et les vêtements barrés de la mention "Jusqu'à -50%". Tout sourire, elle se met à chanter à tue-tête, avec ce sens de l'harmonie qui n'appartient qu'à elle, et tous les passants s'arrêtent, hilares, pour l'écouter et la regarder à travers la vitre. Les vendeuses du magasins, ravies de cette pub gratuite, se gardent bien d'intervenir et la laissent faire la mariole pendant un bon quart d'heure.
Au moment de payer, croyez-vous qu'elles m'auraient accordé une petite remise supplémentaire, hum? Rien, nada!
Juste, comme d'hab, le commentaire qui tue (j'ai comme l'impression de l'avoir déjà entendu, celui-là) :
- Eh bien, vous ne devez pas vous ennuyer tous les jours!

mercredi 7 janvier 2009

Sidonie s'affirme


Depuis quelques semaines, Sidonie, 2 ans et demi, manifeste tous les symptômes d'une maladie étrange, pour laquelle il n'existe pas de remède, à part le temps qui passe : l'autonomite aiguë. En d'autres termes, elle veut TOUT FAIRE TOUTE SEULE.
Peu importent ses capacités réelles à accomplir, ou pas, les tâches visées : c'est elle TOUÛÛT SEUL', un point c'est tout.
"Tout seul", elle met ses chaussons et ses chaussures (en inversant systématiquement le pied gauche et le pied droit, telle Bozo le clown).
"Tout seul", elle enfile son manteau (temps de l'opération 15 minutes, il faut donc s'y prendre à l'avance).
"Tout seul", elle ouvre son pot de yaourt, verse de l'eau dans son verre, se lave les cheveux, traverse la route, téléphone à ses copines (merci les Mobiles de démonstration SFR).
On se propose de l'aider? La sanction est immédiate :
- Veux pÂÂs!!

Par ailleurs, en plus de l'autonomite, Sidonie souffre d'un sens de la propriété farouche et totalement disproportionné. En clair, ce qui est nous est à elle, et ce qui est à elle est... à ELLE.
Un objet quelconque (coupe-ongles, carte bleue, clef de voiture, Ipod etc.) traîne dans l'appartement? Elle s'écrie, sûre de son fait :
- C'est à SidÔnie, ça!!
Mademoiselle a une angine? Elle transporte "tout seul" son petit sac d'antibiotiques en hurlant :
- Touche pas, c'est mes cââments!!

Ses phrases favorites du moment :
- Il est zentil, le père NOOël (à chaque fois qu'elle reçoit un cadeau)
- Il fait frroooiid derRRrors (quatre à cinq fois par jour depuis les vacances de Noël)
- J'ai bien dÔÔomi, moi (dès qu'elle se réveille d'une nuit de douze heures ou d'une sieste d'un quart d'heure)
- On va chercher Ponine? (dès qu'on sort de la maison et qu'on se dirige vaguement vers l'école)
- Mes sacs, ils sont où mes sacs? (à toute heure du jour ou de la nuit)

Et dire que cette souricette-là va rentrer à l'école en septembre!
Je connais des instits qui vont s'amuser.

dimanche 4 janvier 2009

Les amis

30 Décembre
Invités à Brétigny chez Magalie et Fred, on se gave de nouilles chinoises avant de dépenser nos calories en jouant à la Wii. Au tennis et au bowling, le coup de poignet est roi. Par contre, lorsque les garçons se mettent à la boxe, bras et jambes sont sollicités et ils suent à grosses gouttes. A 2h du matin, on est tous épuisé mais Sidonie, la seule qui n'ait pas joué, est en pleine forme.

2 Janvier
Toute première galette de l'année avec Christophe et Laure. Tradition oblige, Eponine attribue les parts accroupie sous la table. Lorsque le Roi Christophe la désigne comme reine de la soirée, elle rougit, flattée et embarrassée.

3 Janvier
Bon repas du terroir chez José et Christine à Palaiseau. Les quatre enfants, surexcités, hurlent et chahutent une bonne partie de la soirée. Sidonie réussit l'exploit de rater une marche d'escalier et de se coincer, en tombant, la tête entre la marche et une armoire normande. On finit par libérer une poupoune en larme, tremblante et égratignée, qui passe le reste de la soirée à commenter son accident avec de grands accents de tragédienne et à exhiber ses bobos. Heureusement, deux ou trois Ferrero rochers engloutis à la va-vite parviennent à lui rendre le sourire.

vendredi 2 janvier 2009

Va, vis et deviens

Ethiopie, 1984
L'opération Moïse, visant à rapatrier en Terre promise les Falachas, ces juifs noirs d'Ethiopie descendant de la Reine de Saaba, bat son plein.
Un enfant de 9 ans est poussé par sa mère à se déclarer juif pour échapper à la misère et à la famine et est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-aviv.

A travers le voyage initiatique cet enfant, ses doutes, son sentiment d'imposture, sa douleur d'être séparé de sa mère, ses difficultés d'intégration dans la société israélienne, c'est tout le drame du déracinement et de l'identité qui est raconté dans ce film avec talent, finesse et un grand souffle épique par le réalisateur franco-roumain Radu Mihaileanu. Heureusement, Schlomo connaîtra aussi l'affection de sa famille d'accueil, le soutien de ses compatriotes et ses premiers émois amoureux, avant de découvrir qui il est vraiment et de rentrer de plein pied dans l'âge adulte.
Les scènes Ethiopiennes, d'une beauté déchirante, évoquent des épisodes de la Bible et le jeu des comédiens, à la fois intense et subtil, est d'une rare authenticité.
Un film magnifique, émouvant et profond, mais non dénué d'humour, à voir absolument!