Affichage des articles dont le libellé est Théâtre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Théâtre. Afficher tous les articles

jeudi 7 mai 2009

RBVB









RBVB, soit Rouge Bleu Vert Blanc : c'est le titre de cette chorégraphie ultra-moderne de la compagnie La Baraka, mis en scène par Abou Lagraa au théâtre de Sceaux.
Dans un premier temps, une danseuse occupe seule la scène et laisse son corps être traversé d'émotions et de mouvements, comme un instrument de musique vivant.
Puis, trois danseurs de hip-hop, chacun dans un carré de couleur différente et chacun à leur tour, proposent un numéro à cheval entre les traditionnelles acrobaties du hip-hop et la danse contemporaine, alliant esthétisme, originalité et virtuosité.
Alors qu'on déguste un dessert au bar du théâtre, tous les artistes débarquent et Régis se fait le plaisir d'aller remercier Abou Lagraa, le jeune chorégraphe, qui lui répond avec un large sourire.

samedi 31 janvier 2009

Hamlet trash

Après un passage remarqué à Avignon cet été, c'est au théâtre de Sceaux que le metteur en scène berlinois Thomas Ostermeier revisite, avec violence et en allemand, le classique des classiques de la littérature anglaise : le Hamlet de Shakespeare. On avait déjà vu et apprécié, il y a deux ans, son interprétation de La Maison de poupée d'Ibsen, déjà assez trash et novateur.
Le but avoué d'Ostermeier cette fois-ci : "botter les fesses" du traditionnel Hamlet, généralement présenté comme un héros séduisant, tragique et tourmenté. Le sien, incarné par le génial Lars Eidinger affublé d'une bedaine postiche, est un fils à papa lourdaud et malsain, dévoré par la haine, imprévisible, violent, instable, qui feint la folie pour finalement sombrer corps et âme dans la démence. Gertrude, la mère adultère, promène avec langueur ses cheveux blonds peroxydés et ses lunettes noires de people, puis se transforme, en retirant simplement sa perruque, en une Ophélie brune et virginale, incarnation de l'innocence.
Grande idée de mise en scène : Hamlet, narcissique et obscène, filme, caméra à l'épaule, ses propres monologues et projette son image en gros plan sur le rideau de fils d'or qui partage la scène. Lors des banquets, les personnages pérorent dans un micro, sur un ton faussement modeste digne de la cérémonie des Césars, en perpétuelle représentation d'eux-mêmes. Musique hard rock à fond les ballons, cubis de gros rouge et de lait, scène boueuse, mitraillettes, Ostermeier ne recule devant rien pour impressionner et choquer. Parfois, il vise dans le mille : ses effets sonores sont très réussis, ses gros plans dérangent et la scène de noyade d'Ophélie est sublime. A d'autres moments, lorsque la peinture rouge coule à flots, on sombre dans la parodie et le Grand-Guignol et la magie opère moins.
Mais au global, la mise en scène est puissante, les acteurs fabuleux, on oublie au bout de cinq minutes que la pièce est en allemand et on ne s'ennuie pas une seconde. Ce qu'on appelle une réussite donc.

dimanche 18 janvier 2009

Conversations avec ma mère

Pendant que notre baby-sitter Mathilde (elle est zentiiille, Matiil, hein Maman?) surveille nos deux schtroumphettes, nous filons au théâtre de Sceaux retrouver mes beaux-parents et leurs amis pour un spectacle drôle, émouvant et un brin nostalgique, Conversations avec ma mère, mis en scène par Didier Bezace d'après le film argentin de Santiago Carlos Ovès.
Jaime, la cinquantaine, est un cadre dynamique qui a toutes les apparences de la réussite sociale et du bonheur conjugal. Sa mère, octogénaire, vit en toute indépendance dans l'appartement prêté par son fils. Tous deux évoluent dans deux mondes parallèles et ont pris l'habitude de se dire des banalités, sans vraiment se parler ni s'écouter. La crise personnelle et financière que traverse le fils va changer la donne et rendre à leur relation mère-fils toute sa saveur, son humour, sa tendresse. En six conversations entrecoupées d'écrans noirs, à mesure que la carapace du fils se fissure, ils réapprennent à se connaître, à communiquer et explorent ensemble un passé qui, parfois, nous aide à éclairer le présent. Jusqu'à une magnifique séquence finale où Jaime enfant s'amuse à sauter dans les flaques d'eau qui parsèment la scène.
Il y a quelque chose de l'Amérique Latine dans cette histoire où plânent les fantômes d'Isabel Allende et de sa Maison aux esprits, mais aussi, grâce au jeu subtil et complice des comédiens Isabelle Sadoyan et Didier Bezace, quelque chose de profondément français.
D'ailleurs, les réactions enthousiastes de la salle en témoignent : combien de spectateurs ont visiblement retrouvé leur propre mère dans ces "Conversations.."!

vendredi 3 octobre 2008

Andromaque














Petite soirée au théâtre "Les Gémeaux" de Sceaux.
Au programme : "Andromaque" de Racine, mis en scène par l'Anglais Declan Donnellan.
La pièce, écrite en 1667, est toujours d'une grande actualité et illustre à merveille la difficulté de se libérer de l'héritage de sa famille. Chaque personnage est l’enfant d’un héros et vit, bien malgré lui, dans l’ombre de ses illustres parents, conditionné par son passé, jusque dans sa rebellion.
La mise en scène, très épurée - juste une dizaine de chaises disposées en ligne, sur lesquelles les comédiens s'assoient, immobiles, lorsqu'ils ne jouent pas, ajoute encore à l'intensité et à la modernité du propos.

mercredi 2 avril 2008

Les Ephémères

Moi, le Marathon de Paris, c'est aujourd'hui mercredi que je le cours :
- Matin : préparer les filles et leurs affaires de la journée, petit-déj, emmener Eponine à son cours de poterie, faire quelques courses, donner à manger à Sidonie, aller rechercher Eponine, conduire jusqu'à Guyancourt. Là, on mange tranquillement avec mes parents. Et puis hop, il faut repartir.
- Après-midi : je conduis Maman et les filles jusqu'à Chevreuse, où on retrouve Mamie pour la maintenant traditionnelle chasse aux oeufs de Pâques, organisée par la maison de retraite pour les enfants et les personnes âgées. Mamie est impatiente de présenter ses arrières-petites filles à tout le monde et ne nous laisse pas le temps de souffler. Eponine va gentiment embrasser toutes les dames qu'elle connaît et Sidonie lance un "coucou" sonore à la cantonnade. Puis Eponine retrouve des copains de son âge et tous se précipitent avec leurs paniers pour débusquer les oeufs, les seniors sur leurs talons. A17h10, je récupère mes filles avec bien du mal et ramène Maman à Guyancourt.
Soirée : je repars en direction de Créteil et vais rejoindre quelques milliers de voitures pare-choc contre pare-choc sur l'A86. Une bonne heure plus tard, j'arrive enfin chez Colette, qui doit garder les enfants pendant que Régis et moi allons au théâtre. Hop hop, je dépose mes deux colis (piégés?) et leurs pyjamas, doudous et tétine, je règle mon GPS et zou, je repars pour la Cartoucherie de Vincennes où Régis m'attend déjà avec les places réservées.

Tout ça pour dire que ma soirée théâtre, je l'ai bien méritée.
Et ça tombe bien car le spectacle du Théâtre du Soleil, mis en scène par Ariane Mnouchkine, est magnifique.


"Les Ephémères", ce sont tous ces petits moments en apparence anodins mais qui façonnent notre existence, lui donnent un sens ou au contraire la réduisent à néant. A chacun de ces moments déterminants, nous nous comportons tantôt comme des Sauveurs - de notre propre vie ou de celles des autres - tantôt comme des Sabordeurs, capables d'insuffler de l'énergie positive dans un événement a priori tragique ou au contraire de noircir un moment heureux par notre bassesse et nos angoisses.
En une quinzaine de saynètes intimes étalées sur 3h10, le spectacle balaie la plupart des "accidents de la vie" : la mort d'un proche, le divorce, les dégâts de la drogue, les femmes battues, la pauvreté et l'échec social, l'identité sexuelle, la maladie. Et de ce magma vivant émergent des tristesses infinies et des instants de grâce pure. Les acteurs, plus d'une trentaine en tout sur scène et venant des quatre coins du monde, sont tous d'une fabuleuse vérité.
A la fin du spectacle, l'émotion des spectateurs est palpable et la salle applaudit sans faiblir pendant plus d'un quart d'heure, tandis que Régis et moi, au troisième rang et en plein milieu, nous levons pour mieux remercier les comédiens. Debout, à quelques mètres d'eux, je les regarde droit dans les yeux, un par un, et leur souris. Plusieurs répondent à mon regard, les yeux brillants de fierté. Le musicien Jean-Jacques Lemêtre, qui accompagne de son balcon les 3h de représentation, est acclamé puis tous les enfants-acteurs quittent la scène en courant et reviennent accompagnés d'Ariane Mnouchkine, qui a droit à une véritable ovation. Et là, l'actrice Juliana Carneiro Da Cunha, qui joue magnifiquement ses huit personnages et est sans doute la doyenne du Théâtre du Soleil, saisit la main d'un des enfants et y dépose un baiser.