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samedi 14 novembre 2009

La Reine du silence

La Reine du silence, c'est Sidonie, et je le prouve.

La scène se passe à la table du dîner. Régis, excédé par le babillage incessant de ses filles préférées, propose de jouer au Roi du silence. Eponine, 7 ans, bientôt 8, ricane dans sa barbe mais parvient à tenir sa langue. Sidonie, enthousiasmée par ce nouveau jeu, se met à bavarder de plus belle. On pouffe tous de rire et on lui réexplique la règle du jeu :
- Sidonie, le jeu, c'est que tu ne dois pas parler et le premier qui parle a perdu. D'accord?
Elle acquiesce et le jeu reprend.
Au bout de quinze secondes, elle claironne, triomphante :
- Tu vois Papa, j'ai pas parlé!
Sa soeur, hilare :
- Sidonie, t'as perdu!
Sidonie, bonne joueuse et heureuse de voir qu'elle amuse la galerie, rit elle aussi. On fait un nouvel essai.
Au bout de vingt secondes, Sidonie se penche vers nous et chuchote, tout bas :
- Vous voyez, hein, je parle pas..
Eclat de rire tonitruant de tous les membres de la famille.
Je vous l'avais bien dit : Sidonie, c'est la Reine du silence.

vendredi 4 septembre 2009

Complexe d'Oedipe

Sidonie à son papa, un soir avant d'aller se coucher :
- Dis Papa, tu viens dormir avec moi dans mon lit?
- Non, ma chérie, ce n'est pas possible.
- Mais pourquoi? Mon lit est trop petit?
- Non, ma chérie, c'est parce que je dors avec Maman.
Sidonie, après réflexion :
- Oh, c'est dommage...
Puis, pleine d'espoir :
- Mais quand tu seras devenu petit comme moi, tu pourras dormir là (elle montre une petite place à côté d'elle), hein Papa?

mardi 1 septembre 2009

Papa choupinette et grototo

On dit que les enfants n'ont pas d'humour, mais c'est faux. Ils ont le leur, voilà tout.

Les deux blagues de l'été de Sidonie, 3 ans (proférées une bonne trentaine de fois chacune, car les petits adorent le comique de répétition) :

* Chaque fois qu'elle rote un peu bruyamment, ses yeux se plissent de joie, ses pommettes rosissent et elle s'esclaffe, d'une grosse voix à la fois honteuse et triomphante :
- J'ai fait un "gros toto" (jeu de mot avec "rototo", pour ceux qui ne sont pas familier avec le parler bébé un peu débilisant)

* En représailles à son papa, qui a tendance à l'appeler "Choupinette" (ce à quoi elle répond généralement avec vigueur : "J'suis pas une Choupinette! J'suis une Sidonie!"), elle a inventé un nouveau jeu. Le jeu consiste pour Sidonie à citer chaque membre de la famille, dans n'importe quel ordre mais en terminant toujours par Papa, suivi du mot "Choupinette". Cela donne à peu près cela :
- Maman SSchoû-pi-nette... (lentement et tout bas - on commence à sourire)
- Sidonie Sschooû-pi-nette... (lentement et un peu plus fort - on sourit de plus belle, le suspens monte)
- Eponine Sschoû-pinette... (plus vite et plus fort - on fait tous silence et on retient son souffle)
Et tout à coup, Sidonie, hilare, explose et lâche sa bombe à la vitesse d'une mitraillette :
- PAPA SSCHOUPINETTE!!!

Et là, il est de bon ton pour Régis de s'étrangler de surprise, de tempêter et de faire les gros yeux à grands renforts de "OH" faussement indignés.

C'est ça aussi, être parents.

La chanson de la lume et de la flume

Traduction en Sidonien de "Au Clair de la Lune", n° 1 de la chanson traditionnelle française :

Au clair de la lume, mon ami Pierrot,
Prête-moi ta flume, pour écrire un mot

Eh oui, notre mini bavarde de 3 ans, bien que forcément hyper douée, a un petit cheveu sur la langue et souffre encore de quelques défauts mineurs de prononciation.

En Sidonien, le "u", manquant terriblement de classe, devient "ou", à l'anglaise :
- Dis maman, est-ce que c'est déjà la noûit? (=nuit)
- Tu peux me passer la cuoûillère?
Les mots "Chaussons", "Chaussures" et "Chansons" sont, quant à eux, quasi homonymes, seul le contexte permettant de les distinguer (quoi que) :
- Papa, t'as vûu, j'ai mis mes chausschâns.
Certains termes, malgré des mois d'entraînement, restent méconnaissables aux oreilles non initiées. Ex : cawarde (=placard)
D'autres, jugés trop compliqués, n'existent tout simplement pas en Sidonien : la rebelle coccinelle, par exemple, après de multiples tentatives aussi courageuses que variées, a été définitivement bannie de son vocabulaire.
Enfin, le Sidonien se permet de faire l'économie de certaines lettres superflues :
- C'est pas RRRââve! (=grave)
La grammaire Sidonienne comporte aussi quelques variantes créatives, avec une prédilection pour les verbes pronominaux et les participes passés :
- Maman, j'y arrive pas, tu peux me t'aider? (du verbe "T'aider", donc)
- Tu sais, Eponine, c'est ma grande soeur, alors elle me t'aime, hein? (du verbe "T'aimer" etc.)
- C'est tout mouillé, il a pleuvu.
- Regarde ce que j'ai peindu! (variante en Eponinien d'il y a 3 ans : regarde ce que j'ai peinturé!)

mardi 12 mai 2009

Ma petite Eponine

8h, à la table du petit-déjeuner.
Eponine : Est-ce que c'est vrai que les petites soeurs, ça devient de plus en plus embêtant en grandissant?
Moi, fronçant les sourcils : Quelle drôle d'idée! A vrai dire, ça dépend. Ca dépend surtout de la façon dont tu te comportes avec elle, de l'exemple que tu lui donnes, puisqu'elle veut tout faire comme toi.
Pas de réponse.
Je poursuis : Et puis, réfléchis bien, est-ce que tu es vraiment sûre de la trouver si embêtante, ta petite soeur? Bien sûr, il y a des jours où elle te casse les pieds à te copier et à te suivre partout mais d'autres fois, tu es bien contente de la trouver pour jouer aux Polly Pocket ou pour vous déguiser. Au fond, vous rigolez bien ensemble.

Tu sais, une petite soeur, ça a beaucoup de bon et puis aussi du moins bon. C'est comme avoir des enfants. Nous, on vous aime, Sido et toi. Et pourtant, depuis que vous êtes nées, on ne va presque plus au cinéma, on voyage beaucoup moins, c'est une contrainte. Mais la vérité, c'est que pas un instant, même quand vous êtes très pénibles, on ne regrette de vous avoir eu toutes les deux.


Eponine baisse la tête et se met à pleurer.
Moi : Eponine, mais pourquoi tu pleures??! On essaie juste de t'expliquer, c'était gentil ce que je te disais!
Eponine, sanglotant : Bin oui, justement, c'est pour ça que je pleure, c'est parce que c'était gentiiiil...

vendredi 20 mars 2009

Eponine et la géométrie

16h35. Ma fille sort en trombe de l'école, un large sourire aux lèvres, les yeux pétillants de plaisir, les cheveux en bataille et sautillant sur place. Voyons voyons, que nous vaut cette soudaine excitation? Elle a trouvé un sac entier de bonbons par terre ? Son équipe a gagné à la balle au prisonnier ? Elle a eu A+ en récitation ? Elle est (encore!) invitée à un anniversaire? Mais non mais non, rien de tout ça.
- Maman, maman, en mathématiques, on a fait les AXES DE SYMETRIE, c'était TROP bien!!

Personnellement, je ne me souviens pas que les axes de symétrie m'aient fait un effet boeuf quand j'étais au CE1. Intriguée, je tends l'oreille pour entendre la suite.

- On a même dessiné des papillons et on les a plié en deux, et ça MARCHE! Tu vois, si on trace une ligne là, au milieu, et qu'on me coupe en deux, normalement, c'est un axe de symétrie. Moi, j'ai dit à la maîtresse que comme j'avais perdu une boucle d'oreille et que du coup, j'en avais une ronde et l'autre en coeur, et ben j'étais PAS symétrique!
Et elle se fend d'un nouveau sourire, dévoilant un gros trou du côté droit de sa mâchoire, là où se nichait l'incisive tombée il y a deux jours.
Un sourire lumineux et contagieux, mais décidément pas symétrique.


mardi 17 mars 2009

Sidonie et les lapins trouillards

2 ans et demi, c'est l'âge du "Non", mais c'est aussi l'âge des petites phrases qui nous font mourir de rire et qu'on devrait s'empresser de noter dans un carnet avant de les oublier. Voici donc un florilège des perles sorties de la bouche de notre Sidonie nationale :

* Depuis l'été dernier, Sido ne veut plus dormir dans le noir complet et nous avons transigé pour l'emploi de deux veilleuses (on n'est jamais trop prudent), une boule éclairante en silicone et un lapin rechargeable à pattes vertes qui change de couleur. Mais un soir, malgré les deux veilleuses, nous entendons Sidonie gémir dans son lit et nous appeler à la rescousse. Je vais pour la rassurer et lui demande ce qui ne va pas. Ma fille désigne son lapin-veilleuse et hoche la tête :
- C'est pas moi, c'est le lapin : il a peur du noir!

* Sidonie parade dans sa nouvelle salopette Petit Bateau, ravie de porter un vêtement qui appartenait à ses cousins Julian et Matéo. Le lendemain, au moment de l'habillage, Régis sort un
jean propre et Sidonie proteste :
- Non, pas le 'talon, je veux la galopette!
Sacrée galopette, va!

* Notre fille découvre avec émerveillement les adverbes (d'abord, en plus) et les négations (ne... pas, ne... plus) et en fait un usage immodéré. Cela donne à peu près cela :
- D'abord, c'est à Sidonie, ça, en plus!
ou encore :
- En plus, je veux PLUS dormir, moi, d'abord!

* Sa phrase favorite du moment, qui montre que l'usage du "moi", "toi", "me", "te" n'est pas encore complètement maîtrisé :
- Maman/Papa, j'y arrive pas, tu peux t'aider?

* Dans l'ascenseur, on croise un de nos voisins, un quadragénaire taciturne, arborant un éternel imperméable beige et semblant tout droit sorti d'un film d'espionnage des années 60. Sidonie l'observe longuement d'un oeil critique et lui assène :
- T'es GRAND, toi!
Vous me croirez si vous voulez : pour la première fois depuis que nous avons emménagé il y a trois ans, OSS117 a esquissé un sourire.


dimanche 8 mars 2009

Quelques nouvelles des filles

Eponine :
- à l'école, a échangé par inadvertance son manteau taille 8 ans - poches décousues, avec le même, taille 10 ans - état impeccable. Vous me direz : de quoi te plains-tu, il lui ira l'année prochaine, et en prime, on a gagné un joli bonnet rose à rayures et trois barrettes. OK, mais en attendant, ma fille semble tout droit sortie, avec ses manches pendantes et sa capuche de géant, d'un remake francilien de "La Marche de l'Empereur". Elle a bien fait le tour des classes avec sa maîtresse mais son look pingouinesque n'a pas eu le succès escompté. Je me console en me disant que quelque part dans Massy, une gamine nettement plus grande et plus costaud que la mienne se promène avec un manteau qui lui arrive aux coudes et des gants dans lesquels elle ne peut rentrer que le pouce.
- a perdu une de ses boucles d'oreille dans une bousculade à l'école. Evidemment, l'assurance me réclamant la modique somme de 125€ en guise de franchise, j'abandonne tout espoir de me faire rembourser.
- n'a eu que des "A" à ses récentes évaluations. Champagne!
- est rentrée enchantée du week-end anniversaire chez ses cousins, arborant fièrement sa "médaille d'or" gagnée aux Olympiades (le fait qu'elle était dans l'équipe de son cousin Matéo y était sans doute pour quelque chose).

Sidonie :
- accepte d'aller sur les toilettes et d'y faire ses besoins mais ne prend jamais l'initiative de demander à y aller. Du coup, quand Mademoiselle fait caca dans sa couche, on a droit à des "beuûûrks" indignés et grimaçants. Ou alors, autre cas de figure, elle nie malgré l'odeur.
Moi : Sidonie, t'as fait caca, je le sens d'ici.
Elle : Hein? J'ai pas compris.
Moi : Sido, t'as fait caca.
Crapulette : J'ai pas compris.
Moi : Oh si, tu m'as très bien compris.
Crapulette, haussant les épaules d'un air d'excuse : Bon, d'accord, j'ai fait caca...
La fine mouche, si elle croit m'avoir avec ses petites manoeuvres pas fines...
- s'amuse comme une folle avec ses "côômpains" de la ludothèque et de la garderie. Elle marque maintenant une nette préférence pour deux ou trois enfants qu'elle prend par la main et entraîne dans ses jeux d'un énergique "Tu viiiiens?"
- a pleuré comme une madeleine lorsqu'elle a compris qu'elle n'était pas invitée à l'anniversaire de Léa, une petite copine d'Eponine - trois bonbons Krêma ont été nécessaires pour sécher ses larmes.
- récite elle-même, de mémoire, les histoires des Barbapapa et nous fait lire en boucle toute la série des "Emilie", avec une prédilection pour "Emilie et ses cousins" (allez savoir pourquoi), "Emilie et Sidonie" (par pur narcissisme), et "Emilie et la petit Chloé" (que sa Mamie lui avait déjà lu quinze fois à Guyancourt mais quand on aime, on ne compte pas).

mardi 3 février 2009

Trois pas en avant, deux pas en arrière

Cela fait maintenant quelques mois que Régis et moi essayons de convaincre Sidonie, 2 ans et demi, qu'elle est assez grande pour faire pipi et caca dans les toilettes. Force est de constater que jusqu'à présent, notre petite princesse était dubitative. Elle semblait très bien savoir quand elle avait envie et était même capable de se retenir quand il fallait mais de toute évidence, aller sur les toilettes (ou sur le pot) l'effrayait et voir partir ses excréments dans la cuvette encore plus. D'ailleurs, les couches sont devenues si confortables, de nos jours, qu'elle n'en ressentait aucune gêne.
Pourtant, il y a trois semaines, grande avancée : à force d'insistance, Sido s'était finalement laissée infléchir et acceptait, de temps en temps, de faire ses besoins dans les toilettes. Et lorsque sa couche était souillée, elle venait nous chercher immédiatement pour qu'on la change.
Mais ces progrès, fragiles, n'étaient pas sans contrepartie : alors que nous avions obtenu, de haute lutte, qu'elle dorme lumière éteinte (mais avec deux veilleuses...), elle s'était soudainement remise à avoir peur du noir et à faire des cauchemars.
Dans la journée, elle qui était toujours ravie d'aller "voir les copains" à la ludothèque ou à la halte-garderie et qui jouait de manière autonome, ne voulait plus se séparer de moi et se montrait plus câline et plus "pot-de-colle" que jamais. Pour la première fois depuis des mois, elle avait pleuré lorsqu'un soir, nous étions sortis et l'avions laissée avec sa soeur aux soins du baby-sitter, pourtant adorable.
Parallèlement, je commençais à rediscuter à la maison de ma reprise du travail et cela semblait perturber Sidonie. Du coup, afin de ne pas la traumatiser inutilement, nous avons levé le pied sur nos exigences de propreté, convaincus que cela arriverait en temps et en heure.

Depuis, tout semble s'arranger peu à peu. Elle a retrouvé le plaisir de jouer avec les petits de son âge et cette semaine, avant d'arriver à la halte-garderie, elle m'a déclaré avec un sourire triomphant :
- Aujourd'hui, moi, je vais "aux copains" et je ne pleurerai pas!
Qu'est-ce que j'étais fière de ma grande fille!
Quant à aller sur les toilettes, on lui propose... et Mademoiselle dispose.

jeudi 22 janvier 2009

Lapin magique

En cadeau avec son nouvel abonnement à "J'aime Lire", Eponine vient de recevoir le "fabuleux kit de magicien Tom-Tom et Nana". Que les trentenaires nostalgiques essuient discrètement leur petite larme au souvenir de ces deux affreux jojos, héros des cours de récré de leur enfance, et se réjouissent : oui, Tom-Tom et Nana existent toujours et oui, les enfants d'aujourd'hui rient encore de leurs bêtises et de leurs idées farfelues pour les réparer.

Quoi qu'il en soit, Eponine entreprend illico d'obtenir son doctorat ès Magie & Sciences occultes, sort tout le matériel et épluche la notice. Le verdict ne tarde pas à tomber :
- Tu sais Maman, c'est un peu nul, sur la notice y'a même pas la formule magique pour faire apparaître des trucs, genre "Abracadabra".
Je suis forcée de reconnaitre qu'effectivement, c'est embêtant.
Elle ne se laisse pas abattre pour autant et essaie différents tours, tout en proférant des incantations diversement créatives et en tapotant les gobelets de couleur avec sa baguette magique noire et blanche. Puis, l'air soucieux, elle se fige :
- Dis Maman, mais comment on va faire quand j'aurai fait apparaître un vrai lapin vivant, comme le clown Pois-Chiche? Parce que c'est embêtant, comme tu es allergique, on ne pourra pas le garder...
Je suis forcée de reconnaitre qu'effectivement, c'est embêtant.
Alors que je suis sur le point de suggérer avec diplomatie que peut-être, l'apparition du lapin vivant, ce ne sera pas pour tout de suite, et qu'avant d'y arriver, elle devra beaucoup s'entraîner, le visage de ma magicienne en herbe s'éclaire :
- Je sais! On n'aura qu'à le donner à Mathilde, puisqu'elle en a déjà un! Comme ça, ça lui fera un copain!
Je suis convaincue que Mathilde, notre baby-sitter de quinze ans, serait ravie d'accueillir un deuxième lapin chez elle. Je suis moins sûre, par contre, de l'enthousiasme de sa mère, au vu de ses tentatives désespérées pour refourguer son lapin à tous les voisins de l'immeuble.
Mais je garde mes opinions pour moi et hoche la tête en souriant.

Après tout, lorsque ma fille de 7 ans aura réussi à faire apparaître un lapin vivant grâce au "kit magie Tom-Tom et Nana" de chez Bayard Presse, il sera toujours temps de se poser la question.

vendredi 9 janvier 2009

Sidonie en solde

Aujourd'hui, je me décide à succomber avec délice à la folie des SOLDES : foule, abondance de vêtements en tas sur les étagères, vendeuses stressées, carte bleue en surchauffe, que voulez-vous, malgré tous ces inconvénients, j'aime ça!
Et comme je suis masochiste (et que je n'ai pas le choix), j'emmène Sidonie avec moi dans ce périple typiquement féminin (il n'est jamais trop tôt pour apprendre - observe, ma fille, observe!).
Nous y passons deux heures et Poupoune fait preuve d'une relative patience, à condition que je la laisse sortir de la poussette et explorer les rayons à sa guise. A la grande joie des vendeuses, elle joue à cache-cache derrière les portants (Coucou Maman, je suis là!), effleure les tissus (C'est dOÔuux, ça, hein Maman?), soulève le rideau de la cabine d'essayage (T'es là, Maman?) et essaie même un soutien-gorge... sur la tête. Au final, c'est une compagne de soldes plutôt agitée mais de bonne composition, et d'un enthousiasme communicatif : dès que j'essaie un truc, elle se répand en compliments, trouvant tout "très zÔoli".
A Sergent-Major, après une sélection cornélienne, je rejoins en soupirant la dizaine de personnes qui attend déjà à la caisse. Pendant ce temps, Sidonie s'installe carrément DANS la vitrine d'exposition, parmi les mannequins et les vêtements barrés de la mention "Jusqu'à -50%". Tout sourire, elle se met à chanter à tue-tête, avec ce sens de l'harmonie qui n'appartient qu'à elle, et tous les passants s'arrêtent, hilares, pour l'écouter et la regarder à travers la vitre. Les vendeuses du magasins, ravies de cette pub gratuite, se gardent bien d'intervenir et la laissent faire la mariole pendant un bon quart d'heure.
Au moment de payer, croyez-vous qu'elles m'auraient accordé une petite remise supplémentaire, hum? Rien, nada!
Juste, comme d'hab, le commentaire qui tue (j'ai comme l'impression de l'avoir déjà entendu, celui-là) :
- Eh bien, vous ne devez pas vous ennuyer tous les jours!

mercredi 7 janvier 2009

Sidonie s'affirme


Depuis quelques semaines, Sidonie, 2 ans et demi, manifeste tous les symptômes d'une maladie étrange, pour laquelle il n'existe pas de remède, à part le temps qui passe : l'autonomite aiguë. En d'autres termes, elle veut TOUT FAIRE TOUTE SEULE.
Peu importent ses capacités réelles à accomplir, ou pas, les tâches visées : c'est elle TOUÛÛT SEUL', un point c'est tout.
"Tout seul", elle met ses chaussons et ses chaussures (en inversant systématiquement le pied gauche et le pied droit, telle Bozo le clown).
"Tout seul", elle enfile son manteau (temps de l'opération 15 minutes, il faut donc s'y prendre à l'avance).
"Tout seul", elle ouvre son pot de yaourt, verse de l'eau dans son verre, se lave les cheveux, traverse la route, téléphone à ses copines (merci les Mobiles de démonstration SFR).
On se propose de l'aider? La sanction est immédiate :
- Veux pÂÂs!!

Par ailleurs, en plus de l'autonomite, Sidonie souffre d'un sens de la propriété farouche et totalement disproportionné. En clair, ce qui est nous est à elle, et ce qui est à elle est... à ELLE.
Un objet quelconque (coupe-ongles, carte bleue, clef de voiture, Ipod etc.) traîne dans l'appartement? Elle s'écrie, sûre de son fait :
- C'est à SidÔnie, ça!!
Mademoiselle a une angine? Elle transporte "tout seul" son petit sac d'antibiotiques en hurlant :
- Touche pas, c'est mes cââments!!

Ses phrases favorites du moment :
- Il est zentil, le père NOOël (à chaque fois qu'elle reçoit un cadeau)
- Il fait frroooiid derRRrors (quatre à cinq fois par jour depuis les vacances de Noël)
- J'ai bien dÔÔomi, moi (dès qu'elle se réveille d'une nuit de douze heures ou d'une sieste d'un quart d'heure)
- On va chercher Ponine? (dès qu'on sort de la maison et qu'on se dirige vaguement vers l'école)
- Mes sacs, ils sont où mes sacs? (à toute heure du jour ou de la nuit)

Et dire que cette souricette-là va rentrer à l'école en septembre!
Je connais des instits qui vont s'amuser.

samedi 27 décembre 2008

La Princesse et le Chevalier

Ce soir, échange standard, par Père Noël interposé bien sûr, de cadeaux entre Sean, filleul de Régis, et Sidonie, filleule de Patrice, le papa de Sean. Ca tombe bien, ce farceur de Père Noël leur a apporté à tous les deux un déguisement, l'un de chevalier (le Roi Arthur pour être précis) et l'autre de Belle dans La Belle et la Bête. Il faut les voir parader dans leur costume et s'admirer dans le miroir de l'entrée, Sidonie dans le rôle de la princesse en-mal-d'amour-qui-doit-être-sauvée-du-méchant-dragon et Sean dans celui du preux chevalier-qui-n'hésite-pas-à-brandir-son-épée-pour-braver-tous-les-dangers.
Littéralement habités par leurs personnages, Princesse Sido et Chevalier Sean finissent par se réfugier dans la chambre d'Eponine où ils entreprennent de tester longuement le bouche-à-bouche - en cas de péril mortel, cela peut servir. C'est Emmanuelle qui les surprend, dix minutes plus tard, en position compromettante. Les deux zozos arborent un sourire radieux et, plaidant non coupables, avouent sans honte qu'ils se faisaient des bisous sur la bouche. A la question à cent francs (c'était bien?), ils répondent béatement :
- Bin, oui!

Pendant ce temps, la petite Angie, 9 mois, arrache consciencieusement les cheveux d'Eponine, émue de cette marque d'affection.

Princesse Sido et la Reine Mère

La Reine Mère détrônée

dimanche 16 novembre 2008

Eponine et le Père Noël

Eponine : Tu sais Maman, j'ai trouvé un moyen de savoir si le Père Noël existe pour de vrai, ou si c'est les parents qui achètent les cadeaux.
Moi : Ah bon? Raconte-moi cela.
Eponine : Eh bien c'est simple, je vais commander au Père Noël un cadeau très très très cher, que vous ne pouvez pas me payer parce que vous n'avez pas assez de sous. Du coup, soit je ne reçois pas le cadeau, et ça prouve que c'est bien les parents qui achètent les cadeaux, soit je reçois le cadeau, et ça prouve que le Père Noël existe.

Là, il faut dire que c'est imparable. CQFD.

Moi : Mais ma pauvre chérie, si le Père Noël n'existe pas, alors tu es doublement perdante. Non seulement tu es triste à cause du Père Noël, mais en plus tu n'as pas ton cadeau!
Eponine : Bah, c'est la vie.

Quelques semaines plus tard.
Eponine choisit et essaie une nouvelle trottinette, que Mamie et Papi vont lui offrir pour Noël.
Eponine : Est-ce que je pourrais demander aussi une Barbie au Père Noël?
Nous : Mais tu as déjà choisi beaucoup de cadeaux, et la liste n'est pas extensible à l'infini. Et puis au fond, tu sais bien que ce sont les membres de la famille qui achètent les cadeaux, et pas le Père Noël.
Eponine, triste et indignée : Et bien peut-être, mais si j'ai envie, MOI, de continuer à croire qu'il existe, hein? J'ai bien le droit, non??

Le coeur serré, je pense : mais oui ma chérie, tu as le droit, tu as bien le temps de perdre tes rêves et tes illusions.
Allez, tu n'y crois déjà plus tout à fait, cela fait bien longtemps que tu te poses des questions, que tu doutes, que tu tournes autour du pot.
Mais personne ne t'empêchera de faire semblant d'y croire encore un tout petit peu.

mardi 4 novembre 2008

Spiderwoman

Un matin gris, je viens de me lever et suis en train de mettre mes lentilles devant le miroir de la salle de bain lorsque j'entends les petits pas de Sidonie résonner sur le carrelage :
- Maman, r'garde, gnée, gnée!
Gnée? Nez? Je l'observe, interloquée.
- Tu me montres ton nez, ma chérie? Tu t'es fait mal?
- Non, Maman, gnée, r'garde!
Je m'approche (forcément, avec une seule lentille, je ne vois pas très bien) et ma fille me tend une petite chose bien serrée entre son pouce et son index. C'est une pauvre et minuscule araignée agonisante, à demi écrabouillée. Elle écarte un peu les doigts pour que je vois mieux et un bout de l'araignée tombe sur le tapis. Paix à son âme.
- Oh, r'garde Maman, patte!
Sido semble positivement ravie.
- Ma chérie, tu ne dois pas prendre les araignées dans tes mains. Cela les tue, et de plus tu pourrais te faire piquer.
Ma fille ouvre de grands yeux.

Arachnides de tous les pays, unissez-vous!
C'est votre seule chance d'échapper à Sidonie-la-spider-killeuse.

mercredi 15 octobre 2008

Conversations avec mes filles

Drôle de bêtes
Sidonie ouvre un de ses livres favoris, intitulé "Mille petits chats" et me désignant une page remplie de chatons, elle s'écrie, ravie :
- Ooooh, 'garde, Maman, les canârrds!
Interloquée, je lui réponds :
- Mais non, ma chérie, ce ne sont pas des canards, ce sont des chats!
Sidonie, toute sourire :
- Oooh oui, des chats-canârrds!

Moi, c'est moi et toi tais-toi
Sidonie, regardant les photos défiler sur l'ordinateur :
- Ooh, 'garde Maman, c'est Sidonie!
Je la félicite :
- Oui, ma chérie, tu as raison, c'est toi!
Ma fille, très fière :
- Ouiii, c'est toi!
Moi :
- Bin non, ce n'est pas MOI, c'est TOI!
Sido :
- Bah pourquooii?!!

Questions existentielles
Eponine, à table :
- Dis, Maman, pour faire pousser des plantes il faut une graine mais pour avoir une graine, alors, comment on fait?
Moi, sentant venir la question piège :
- Eh bien, c'est la plante qui produit la graine et après on plante la graine pour avoir une nouvelle plante.
- D'accord, mais alors la première graine, comment on a fait pour l'avoir?
Je la félicite de cette question très pertinente et commence à aborder le grand débat de l'oeuf et de la poule.
- Bin oui, je me demande souvent d'où vient la Terre.
Nous y voilà, pas moyen d'y échapper. Je respire un grand coup et me lance dans une interprétation un poil simpliste du Big Bang :
- Il y a très très longtemps, c'était le chaos, le désordre. Il n'y avait que des poussières, des sortes de pierres qui se déplaçaient dans tous les sens. Deux de ses astres se sont rencontrés, ça a produit beaucoup de chaleur et là, l'univers s'est créé, avec la terre et d'autres planètes.
(J'ai vérifié sur Internet depuis, tout cela est archi-faux mais passons. La prochaine fois, je potasserai mes encyclopédies avant de répondre!)

La bonne et la mauvaise nouvelle
Eponine revient de la piscine en vélo avec son père. Je l'aperçois par la fenêtre du 5ème étage et lui fais signe. Ravie, elle répond à mon appel (toute la conversation a lieu en criant, les mains en porte-voix):
- Maman, Maman! J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle! Laquelle tu veux en premier?
- Euh, la mauvaise!
- La mauvaise nouvelle, c'est que j'ai coincé mon pantalon dans la chaîne du vélo et qu'il est tout plein de taches noires!
- Ah... Et la bonne?
- Bin, c'est que j'ai réussi à remonter la grande pente en vélo sans râler...
Il faut avouer que ça, c'est une bonne nouvelle.

mardi 23 septembre 2008

Attention, le lexique s'enrichit!

Le square est un endroit merveilleux, où l'on entend quantité d'expressions exotiques et ô combien séduisantes pour de jeunes oreilles de deux ans et trois mois.
Comme par exemple celle-ci, immédiatement adoptée par ma zoupette numéro 2 :

-C'est parti, mon kiki!

Elle l'emploie désormais à tout bout de champ, et notamment pour remplacer le fameux "Pousssse!" lors de ses épisodes de "balançoirites" aiguës.
Ca donne donc à peu près ça (peut-on parler, à ce stade, de licence poétique?) :

- C'est pâââti, Kiki!

Et pendant ce temps, Kiki, alias Maman-Shadok, poussse, et repoussse.

vendredi 19 septembre 2008

Petit lexique du Sidonien

Tout bébé déjà, Sidonie voulait com-mu-ni-quer. Abondamment et avec énergie (ce que d'aucuns appelleront "une pipelette"- pas une surprise pour tous ceux qui connaissent sa soeur aînée).

Mais Sidonie a grandi et à présent, communiquer ne lui suffit plus : elle veut aussi, si possible, se faire comprendre.
Du coup, elle abandonne progressivement le langage qu'elle maîtrisait le mieux (peu charitablement appellé "charabia" par Eponine), pour adopter une langue plus difficile à manier mais riche de sens : le "français". Comme nous sommes dans une phase de transition, il serait prématuré de réellement parler de "français", et nous nous contenterons, à ce stade, de parler de "français Sidonien", ou "Sidonien" tout court.

"C'est 'golo'" = "C'est rigolo". Sa phrase favorite du moment
"Une pââture" = "une voiture". Dans la rue, un émerveillement de tous les instants.
"Une fleûûûûRRR" = "une fleur". Un autre émerveillement de tous les instants (immédiatement arrachée, cela va sans dire)
"Epoûuuline!" = "Eponine", bien sûr. Proféré à pleins poumons 50 fois par jour
"AttENds!" = "Non". Car on peut toujours attendre, mais il ne se passe rien.
"Maman-Papa" : entité floue désignant indifféremment Maman ou Papa. Le premier qui bouge a perdu.
"Plaît-plaît" : "S'il te plaît". Expression issue du folklore familial, et plus précisément du Petit lexique de l'Eponinien. Eponine encourage vivement sa soeur à perpétuer la tradition.
"Bibon" : "Biberon". Même remarque que précédemment
"Accor" = Non, pas le leader de l'hotellerie mais "Encore"
"'Gad!!" = "Regarde!"
"Nomat" = "Tomate" ainsi que tout fruit ou légume de couleur rouge
"Kiyi" = "Kiri". Son dessert préféré depuis une semaine (elle en engloutit deux en moyenne par repas)
"L'ourrr" = "Je l'ouvre". Bin oui, en plus elle veut les ouvrir elle-même (Souvenez-vous comme l'emballage est pratique)
"Pousssssse" = "Pousse-moi" (à la balançoire). Au square, pas moyen de lire tranquillement sur un banc : il faut POUSSER!
"Lirrrre!" = "Lis-moi une histoire s'il te plaît Maman chérie d'amour"
"A boirrRRrre" = "J'ai soif"
"Oh, y'a paaâtout!" = "J'ai renversé de l'eau/de la purée/du lait partout en jetant mon verre par terre pour voir s'il rebondit/en retournant mon assiette pour voir si la purée colle bien au fond/en secouant mon biberon comme une maracasse (j'arrête les ateliers d'éveil musical).
"Chauchchûres, met'" = "Mettre mes chaussures" = "Je veux aller me promener"
Ce à quoi on peut ajouter les "J'ai fait bobo tête", "IlèouDoudouTétine?", et l'inénarrable "Pas à TOIII!", qui se passent de traduction.
Une fine analyse du lexique met en lumière :
- une difficulté à prononcer les "r" sans les transformer en pétarrade de mobylette trafiquée
- une propension à tronquer les mots de trois syllabes et plus
- une tendance au chuintement
- un net penchant pour le présent de l'impératif

Toutes ces expressions peuvent être combinées entre elles à l'infini, pour notre plus grand bonheur.
Ex :" 'Gad, Maman-Papa, la paâture elle est zoliii, tas vû??"
"Accor Kiyiii plaît-plaît! Oh, y' paââtout pââ teRRe!"
""Epoûuuline! AttENds-mââ!"

mercredi 10 septembre 2008

Importante découverte en biologie animale

Sidonie B., 2 ans, résidant à Massy, France, vient de mettre sur pied une nouvelle classification du règne animal, qui bouleverse toutes les théories admises jusqu'ici et constitue, par son évidente simplicité, une avancée majeure dans ce domaine.

Désormais, les animaux sont divisés en quatre catégories :
- Les "vaches" : tout animal, de préférence mammifère, de grande taille, incluant les vaches (bien sûr), les chèvres, les cochons, les moutons (encore appelés "Poutons"), les ânes, les chevaux, les lions (ou "ions"), ainsi que tous les grands félins.
- Les "coins-coins", plus rarement appelés "zazos" : tout animal à plume, incluant tous les types d'oiseaux dont les rapaces et les pingouins.
- Les "chiens" : tout autre mammifère de petite taille, incluant chiens, chats, lapins, hamsters, souris.
- Les "pâââssons" : tout animal à écailles nageant dans l'eau, incluant aussi les crustacés et, parfois, certains oiseaux comme le goéland.

vendredi 11 juillet 2008

Retrouvailles

Nos quelques jours en amoureux sont finis : ce soir, nous retrouvons nos filles!
Tout d'abord, je vais récupérer Eponine, de retour de sa colonie, à la sortie du car. Elle semble fatiguée (elle s'est endormie sur la route du retour) mais positivement ravie de ces cinq jours de vacances sans nous. Elle sautille sur place en parlant comme une mitraillette et s'exclame, les yeux brillants :
- Maman, je veux y retourner! Dis, tu me réinscriras, dis?!
J'acquiesce, contente de la voir contente.
Les moniteurs sont aussi très contents d'elle et ne tarissent pas d'éloges : elle s'est bien adaptée, elle est très sociable et active, elle a bien participé aux activités du camp, elle est autonome, rigolote etc.
Le directeur de la colo conclut :
- Elle a la pêche et elle sait ce qu'elle veut dans la vie, votre fille, elle ne se laisse pas faire, c'est bien!
Le conducteur du car, prénommé Adam, s'approche de moi, tout ému:
- Regardez, votre fille m'a fait un dessin! Je vais l'afficher chez moi.
Sur le dessin, très réussi, Eponine a écrit : "Pour Adent, de la par d'Eponine".
Eponine a bien du mal à quitter ses moniteurs et ses copains et s'attarde un long moment sur le trottoir, pensive. Puis, dans la voiture, la mitraillette reprend :
- Et Maman, tu sais, on a fait du tir à l'arc avec un vrai arc et des vraies flèches! Et puis on a été à la piscine et il y avait des toboggans GEANTS! Et l'accrobranche, c'était trop bien, même si je n'ai pas pu tout faire car je ne mesure pas 10cm (= il lui manquait 10cm??). Et Eric, le directeur de la colo, comme j'aimais bien quand il jouait de la guitare, il m'a donné une image de guitariste! Et tu sais, le soir, on a fait des veillées, et on a même fait une "bombe"!! (traduction : une "boum").

Nous voilà arrivées à Guyancout, accueillies en fanfare par Sidonie, visiblement très heureuse de retrouver sa grande soeur. Elle lui saute au cou et lui fait un énorme câlin en chuchotant :
- Pilile, elle est là Pilile, elle est là.
Dès qu'Eponine s'éloigne de quelques mètres, Sidonie s'exclame :
- Pilile, elle est où Pilile, elle est où?!