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samedi 14 novembre 2009

La Reine du silence

La Reine du silence, c'est Sidonie, et je le prouve.

La scène se passe à la table du dîner. Régis, excédé par le babillage incessant de ses filles préférées, propose de jouer au Roi du silence. Eponine, 7 ans, bientôt 8, ricane dans sa barbe mais parvient à tenir sa langue. Sidonie, enthousiasmée par ce nouveau jeu, se met à bavarder de plus belle. On pouffe tous de rire et on lui réexplique la règle du jeu :
- Sidonie, le jeu, c'est que tu ne dois pas parler et le premier qui parle a perdu. D'accord?
Elle acquiesce et le jeu reprend.
Au bout de quinze secondes, elle claironne, triomphante :
- Tu vois Papa, j'ai pas parlé!
Sa soeur, hilare :
- Sidonie, t'as perdu!
Sidonie, bonne joueuse et heureuse de voir qu'elle amuse la galerie, rit elle aussi. On fait un nouvel essai.
Au bout de vingt secondes, Sidonie se penche vers nous et chuchote, tout bas :
- Vous voyez, hein, je parle pas..
Eclat de rire tonitruant de tous les membres de la famille.
Je vous l'avais bien dit : Sidonie, c'est la Reine du silence.

mardi 1 septembre 2009

Papa choupinette et grototo

On dit que les enfants n'ont pas d'humour, mais c'est faux. Ils ont le leur, voilà tout.

Les deux blagues de l'été de Sidonie, 3 ans (proférées une bonne trentaine de fois chacune, car les petits adorent le comique de répétition) :

* Chaque fois qu'elle rote un peu bruyamment, ses yeux se plissent de joie, ses pommettes rosissent et elle s'esclaffe, d'une grosse voix à la fois honteuse et triomphante :
- J'ai fait un "gros toto" (jeu de mot avec "rototo", pour ceux qui ne sont pas familier avec le parler bébé un peu débilisant)

* En représailles à son papa, qui a tendance à l'appeler "Choupinette" (ce à quoi elle répond généralement avec vigueur : "J'suis pas une Choupinette! J'suis une Sidonie!"), elle a inventé un nouveau jeu. Le jeu consiste pour Sidonie à citer chaque membre de la famille, dans n'importe quel ordre mais en terminant toujours par Papa, suivi du mot "Choupinette". Cela donne à peu près cela :
- Maman SSchoû-pi-nette... (lentement et tout bas - on commence à sourire)
- Sidonie Sschooû-pi-nette... (lentement et un peu plus fort - on sourit de plus belle, le suspens monte)
- Eponine Sschoû-pinette... (plus vite et plus fort - on fait tous silence et on retient son souffle)
Et tout à coup, Sidonie, hilare, explose et lâche sa bombe à la vitesse d'une mitraillette :
- PAPA SSCHOUPINETTE!!!

Et là, il est de bon ton pour Régis de s'étrangler de surprise, de tempêter et de faire les gros yeux à grands renforts de "OH" faussement indignés.

C'est ça aussi, être parents.

lundi 15 décembre 2008

Enfin, on était prêt !

Voilà un week-end chargé, typique de ce mois de Décembre un peu fou où on court de spectacles pour enfants en concerts de Noël, de goûters à 10h du matin en séance shopping en-nocture-pour-trouver-les-derniers-cadeaux-qui-manquent (il en manque toujours).

Vendredi soir, 20h15 :
Mathilde, notre baby-sitter préférée (et la préférée de nos filles également, ça tombe bien) arrive avec sa guitare, pendant que les heureux parents (nous, donc) s'éclipsent discrètement pour aller rire aux histoires abracadabrantes de Jean-Jacques Vanier, ex-membre talentueux de la "Bande à Ruquier" sur France Inter. Le one-man-show s'intitule joliment "Elles" et, à partir de saynètes de la vie de tous les jours, analyse avec un humour décalé et décapant et beaucoup de finesse les rapports entre hommes et femmes. Constatant les limites de son pouvoir de séduction auprès de la gente féminine, l'humoriste décide de se glisser dans la peau d'une femme pour mieux les comprendre toutes. A défaut de pouvoir littéralement se transformer en femme, il se met en scène dans des situations où il "joue à la femme" : la femme qui rentre du boulot, la femme qui drague et se fait draguer, la femme qui interagit avec ses enfants. Amis à poils et à barbe, vous ne ressortirez sans doute pas de ce spectacle beaucoup plus éclairés sur les mystères du sexe soi-disant faible. Mais tour à tour cocasse, agressif, absurde ou mélancolique, Jean-Jacques Vanier, à défaut de faire de vous d'irrésitibles séducteurs, aura au moins réussi deux choses : vous faire rire et vous émouvoir.

Samedi après-midi :
Il est grand temps de décorer notre beau sapin, acheté la veille, avec tout le faste et le kitsch qui sied à cette période de Noël. A nous les boules brillantes, les étoiles scintillantes, les petits rennes, bonhommes de neige, oeufs peints, angelots dorés, Père Noël bienveillants, guirlandes froufroutantes et clignotantes et, pour couronner le tout, le sapin géant dessiné par Sidonie à la halte-garderie et qui trône au sommet de notre Nordmann.

Mais vite, direction La Villette pour le spectacle sur glace proposé par l'INSERM, "Le Palais des Merveilles", une variation pour enfants sur le thème des Mille et une nuits. Evidemment, l'histoire n'est guère respectée, entrecoupée de numéros de cirque avec des chiens, des lions de mer et divers acrobates, mais on ne voit pas le temps passer, la narratrice Shéhérazade est pleine d'allant et les patineurs sont d'un très bon niveau, avec de belles scènes de danse collective et quelques séquences impressionnantes avec les quarante voleurs et le feu qui prend sous la glace.
Quoi qu'il en soit, les filles sont enthousiastes : Eponine, installée avec d'autres enfants juste devant la scène, a bien apprécié les jeux de mots vaseux d'Ali Baba et toutes les scènes avec des animaux. Sidonie, bouche bée pendant la quasi-totalité du spectacle, a adoré les petits chiens acrobates et a eu une frousse bleue des voleurs et de leurs sabres.


Dimanche, 17h :
Dernier concert de Noël avec la chorale des Villains de Massy, à l'église de Bures-sur-Yvette.
Cette fois, on peut dire que le "petit plus" qui nous avait manqué la semaine dernière, est au rendez-vous : les choristes chantent juste, maîtrisent leur répertoire, sont dynamiques et heureux d'être là. L'environnement y est aussi pour beaucoup : église petite mais charmante, acoustique excellente et public réceptif, enthousiaste.
Commentaire de notre chef de choeur :
- Oui, cette fois, c'était vraiment bien! L'année prochaine, il faudra chanter comme ça dès le premier concert!
Régis est venu aussi, avec les enfants. Sidonie ne cache pas son enthousiasme mais Eponine boude, car Régis, qui filmait, l'a empêchée de regarder dans le viseur du caméscope...

Celui qui me trouve sur la photo gagne un Pan bagna
(Valé, à toi de jouer)

jeudi 4 décembre 2008

Aide-toi et le ciel t'aidera

Une fois n'est pas coutume, je me fais le plaisir d'aller deux fois au cinéma cette semaine.

La première fois seule, pour déguster le délicieux "Aide-toi et le ciel t'aidera" de François Dupeyron, avec Félicité Wouassi et Claude Rich, tous deux formidables. Le sujet, les galères d'une mère black de quatre enfants dans une cité des Mureaux, est déprimant à souhait : tandis que le mari meurt le jour du mariage de la fille aînée, le fils aîné, petit dealer, se retrouve en prison, la fille cadette avoue qu'elle est enceinte de 7 mois de père inconnu et le dernier fils manque de se tuer en faisant de la mobilette sur le toit de l'immeuble. Mais vous me croirez si vous voulez, le film n'est pas triste du tout, il est même bourré d'humour, de chaleur et d'espoir. On frissonne, on rit, on s'émeut, on vibre à l'unisson de cette mère-courage qui ne s'avoue jamais vaincue et dont la devise est : "Pour chaque problème, il y a toujours une solution".
Le réalisateur semble avoir retrouvé la recette magique des comédies italiennes comme "Affreux, sales et méchants'" ou du "Raining stones" de Ken Loach : derrière la misère et les ennuis apparemment insurmontables, il y a le rire, il y a... la vie.
François Dupeyron, au centre du débat qui suit la projection, se révèle un auteur passionnant, intelligent et ouvert, loin de l'image sombre et torturée que peuvent donner de lui certains de ses films comme "La Chambre des officiers". Il n'hésite pas à partager avec les spectateurs ses doutes de metteur en scène et l'air de rien, nous en apprend beaucoup sur son métier.

Le lendemain soir, Magalie et moi allons trembler et souffrir devant le terrifiant "L'échange" de Clint Eastwood avec Angelina Jolie, l'histoire véridique, dans les années 20, d'une jeune mère célibataire, Christine Collins, dont l'enfant disparaît, puis lui est rendu trois mois plus tard. Sauf que Christine Collins ne cessera jamais de clamer que ce garçonnet-là n'est pas son fils, même lorsqu'on essaiera de la faire passer pour folle et qu'elle sera internée en hôpital psychiatrique. Le film est très dur mais magnifiquement interprété et mis en scène et on sort de là assommé, les jambes coupés, le souffle court.
Ames (trop) sensibles s'abstenir!

vendredi 19 septembre 2008

Humour belge

Après trois jours d'absence (et qui c'est qui a dû s'occuper des microbes en attendant, hum?), Régis rentre de son congrès sur le calcium à Louvin. Pour se faire pardonner, il est revenu avec le soleil dans ses valises (bien utile pour notre petit week-end en Bourgogne prévu de longue date), deux-trois petits cadeaux pour les filles, des chocolats pour moi et quelques bonnes blagues belges.
Personnellement, j'aime bien celle-ci :

Les Flamands font des gaufres.
Les Wallons les mangent mais ne les payent pas.
Et les Bruxellois appellent cela les gaufres Bruxelloises.

mardi 19 février 2008

Citation de la semaine

L'humanité se prend trop au sérieux. C'est le péché originel de notre monde. Si l'homme des cavernes avait su rire, le cours de l'histoire eût été changé.
Oscar Wilde

dimanche 20 janvier 2008

Ca nous change de Walt Disney (la suite)

Chez nous, le dimanche soir, c'est apéro avec les enfants devant quelques épisodes de "Kaamelott".
Les parents pouffent en dégustant leurs chipsters.
Eponine se tord de rire en renversant les chipsters.
Sidonie se marre en ramassant les miettes de chipsters.

mardi 15 janvier 2008

La disparition des dinosaures : une nouvelle théorie















A la sortie de l'école, Eponine dévore son goûter, des gâteaux au chocolat en forme de dinosaures.
L'air malicieux, elle me lance :
- Maman, tu sais pourquoi les dinosaures, ils sont morts? Eh ben, c'est à cause de moi, c'est parce que je les ai tous mangés!
Je fais mine de m'étonner, de m'indigner et m'apitoie longuement sur le sort de ces pauvres dinosaures, à la grande joie d'Eponine qui gambade sur le trottoir.
Trois pâtés de maison plus loin, soudain troublée, elle redevient sérieuse et, me prenant par la main, elle souffle :
- Tu sais Maman, les dinosaures, c'est pas vrai que c'est à cause de moi qu'ils ont mourus (sic).
Et elle conclut, pédagogue, montrant son ventre :
- Tu vois bien, si je les avais mangés, je serai plus grosse!

samedi 5 janvier 2008

Ensemble, c'est tout

Il y a des jours comme ça où on est simplement heureux d'être ensemble.

Quand Eponine est d'humeur facétieuse,
Quand Sidonie est d'humeur chahuteuse,
Quand Régis est d'humeur blagueuse,
Quand je suis d'humeur rigolarde

jeudi 27 décembre 2007

Au cirque!


Jeudi 27, après avoir déposé Sidonie chez sa Mamè, on file à la Villette pour s'offrir, entre "grands" (cela inclut Eponine), une soirée cirque.

Le spectacle s'appelle "Taoub" ("tissu" en arabe), est interprété par une troupe d'acrobates originaires de Tanger et mis en scène par le chorégraphe français Aurélien Bory.
Il mêle habilement les figures traditionnelles de l'acrobatie marocaine et une vision plus moderne et humoristique du cirque et du mouvement.
Le seul accessoire utilisé sur scène par les douze acrobates est un immense drap blanc qui sert,
au gré des numéros, de rideau, montagne, trampoline, robe longue, mer, écran, projecteur.. Les performances physiques des artistes, véritables contorsionistes montés sur ressort, sont impressionnantes mais ce qui retient surtout l'attention, c'est la poésie et la drôlerie qui se dégagent de l'ensemble. Entre les pyramides humaines et les sauts périlleux, des scènes insolites à la Jacques Tati se glissent, suivis de tableaux oniriques comme celui, magnifique, de la jeune femme perchée sur les épaules de son comparse, portant l'étoffe blanche comme une robe de géante et tourbillonnant sur elle-même de plus en plus vite, telle un derviche tourneur.
Les enfants rient, participent, bougent, applaudissent, et les adultes en redemandent.

Un spectacle étonnant, qui parle à toutes les générations.