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jeudi 12 novembre 2009

Miossec mouille la chemise











Christophe Miossec, en concert à Massy ce Lundi soir pour présenter son nouvel album Finistériens, est du genre chanteur engagé, qui donne de sa personne et transpire en public.
Et, comble d'ironie pour un artiste qui a la réputation sulfureuse de ne pas boire que de l'eau, il aime balancer des bouteilles d'Evian sur la scène, qui forment en tombant de jolies flaques translucides et glissantes, que ses techniciens essaient tant bien mal d'essuyer à grands coups de serviettes-éponge. Il adore aussi shooter dans les fils électriques, jouer avec le pied de son micro, se taper la tête avec ses propres cymbales, chanter à moitié allongé par terre etc.
Entier, volontiers excessif, déchiré et déchirant, provocant, Bretonnant, agaçant, touchant, nonchalant et drôle, puis éructant et violent, il crie sa révolte plus qu'il ne chante, puis susurre des mots d'amour, dans un souffle embrumé d'alcool. Il a influencé Cali, qui le vénère, et Renan Luce, qui dit avoir eu envie de faire des concerts en voyant Miossec sur scène.
Miossec est unique : sa voix, intéressante et chaleureuse, manque à la fois de technique et de puissance ; mais il est un interprète inimitable, qui vit ses chansons comme si c'était la première fois, et un auteur surdoué, maniant une langue empreinte de poésie, d'autodérision et d'humour. Il a 45 ans et en paraît 60. Il est, en somme, un dinosaure du rock français, certes imbibé de gin mais avec une pêche d'enfer et le don rare de capter l'air du temps.

dimanche 7 juin 2009

Souvenirs de concert(s)

Je me souviens que ce week-end, pour la seconde fois (voir Chantons sous la pluie), ma chorale se joignait au choeur Orpheo de Niort pour chanter Mendelssohn et Schubert.
Je me souviens que l'abbaye des Franciscains La Clarté-Dieu d'Orsay était moderne, austère et immense.
Je me souviens que nous étions tous vêtus de noir, avec un petit foulard ou noeud papillon rouge.
Je me souviens qu'à la première répétition, la résonance était telle que les voix se chevauchaient dans un brouhaha informe.
Je me souviens que j'étais inquiète!
Je me souviens que le public arrivait, nombreux et souriant, et que mes parents avaient fait le déplacement.
Je me souviens que nous n'entendions pas le piano de Tomohito et qu'au fur et à mesure du Te Deum, nous étions de plus en plus faux.
Je me souviens que Pascale, notre vaillante chef de choeur, gardait un sourire Ultra brite et nous faisait signe d'écouter - de nous écouter.
Je me souviens que par la suite, nous nous sommes donnés à fond - et que c'était beau.
Je me souviens que mon mari était debout dans la salle pour applaudir.
Je me souviens qu'à la sortie, une petite dame m'a gentiment confié:
"Le Te Deum a fait souffrir votre pianiste, mais le Psaume était magnifique."
Je me souviens que le Dimanche à Verrières, il fallait tout recommencer.
Je me souviens que je suis arrivée trop tard pour le café.
Je me souviens que le soleil jouait avec les nuages et la pluie.
Je me souviens que dans cette petite église, on a écorché le Verleih uns Frieden et que Pascale a froncé les sourcils de contrariété.
Je me souviens qu'à la fin du Te Deum, elle a hoché la tête et nous a souri.
Je me souviens que sur le morceau suivant, ma voisine s'est mise à tousser à fendre l'âme et que je lui ai tapoté l'épaule.
Je me souviens que pour le Psaume 42 et le Mirjams Siegesgesang, nous étions plus d'une centaine de choristes sur scène.
Je me souviens que, enfin, nous avons été bons!
Je me souviens, sur les marches de l'église, de l'enthousiasme de tous, public et choristes mêlés.
Je me souviens, avant le départ d'Orpheo, du dernier petit verre de cidre partagé avec eux.
Et je me souviens que j'aime chanter!

lundi 1 juin 2009

Loizeau s'envole














Ce soir, c'est au tour d'Emily Loizeau d'envoûter le public de la salle Paul B. de sa voix puissante et voilée de grande prêtresse folk. Avec son deuxième album "Pays sauvage", elle nous plonge avec délice dans un monde de songes, de soeurs, de grenouilles et de femmes à barbe, un monde merveilleux, habité et hors-norme.
Tour à tour princesse, sorcière, fillette, ange ou canaille, elle virevolte et vibre de tout son corps gracile au rythme des musiques d'inspiration anglo-saxonne et réunionnaise. L'impression de puissance et d'énergie est telle que le concert évoque, par moment, une sorte de catharsis à laquelle nous, public, serions invités à participer. Puis, l'humour et la gouaille de la chanteuse de "Jalouse" reprennent le dessus pour nous offrir, avec la complicité de ses musiciens, quelques intermèdes hilarants et décalés.

Un voyage aérien et éblouissant, d'où l'on ressort les yeux pleins d'étoiles.
Courrez-y!

lundi 18 mai 2009

Chantons sous la pluie

Doo-dloo-doo-doo-doo
Doo-dloo-doo-doo-doo-doo
Doo-dloo-doo-doo-doo-doo
Doo-dloo-doo-doo-doo-doo...

I'm siiinging in the rain,
Just siiinging in the rain,
What a glorious feelin',
I'm happy again
(...)
I'm singin' and dancin' in the rain!

Voilà.
C'était un beau week-end du joli mois de Mai.
Le week-end où ma chorale se joignait à la chorale Orpheo de Niort pour donner à l'unisson deux concerts, l'un à la cholégiale de Saint-Marc-La-Lande et l'autre à l'Oratoire de La Rochelle.
Il aurait pu, il aurait dû faire beau sur la Charente-Maritime.
Je n'avais emmené ni laine polaire, ni parapluie et ma compagne de chambre avait un petit short en dentelle comme bas de pyjama.
Mais il faisait 10° et la pluie tombait, immuable.

L'abbaye de La-Celle-sur-Belle

Un bien bel endroit pour pique-niquer (par beau temps)

Heureusement, malgré la pluie glaciale, l'ambiance dans le car puis dans l'abbaye où nous étions logés était légère, chaleureuse et potache : plaisanteries incessantes et douteuses, chansons paillardes, démonstrations des divers talents de certains (rouler la langue, faire bouger les oreilles et les narines, siffler avec les doigts, grimacer atrocement etc.).
La moyenne d'âge avait beau être très respectable (je n'en dirai pas plus), je me serai crue de retour au temps béni des jolies colonies de vacances de Pierre Perret. C'est que cinquante retraités en vadrouille, ça fait du bruit!
Quant à l'accueil d'Orpheo, il était aussi enthousiaste que la météo était maussade et la fusion des deux choeurs s'est faite en douceur, dans la bonne humeur.
Bien sûr, nos deux concerts étaient pleins d'imperfections mais étant données les circonstances (nous rencontrions Orpheo pour la première fois le jour même du concert), la performance était tout à fait honorable.

Petite balade sur le port de La Rochelle

Le dimanche, épuisés par trop d'émotion, de longues répétitions et une courte nuit, plusieurs choristes, et pas des moindres, étaient en petite forme et le retour en car fut singulièrement plus calme que l'aller.
Et maintenant, rendez-vous à Orsay et Verrières les 6 et 7 Juin!

vendredi 10 avril 2009

Delerm, de l'art, de l'air, de l'âme


Je ne dirai jamais assez tout le bien que je pense de la programmation musicale de la salle Paul B. de Massy : elle a le don de promouvoir avant tout le monde les stars de demain et de donner envie de revenir à des chanteurs confirmés qui ont fait leurs premiers pas ici.
Ce soir, c'est Vincent Delerm qui s'y colle, alors forcément, on y va et on se dit : on ferait mieux d'arriver en avance. Vu le monde qui est déjà dans la salle à notre arrivée, on n'a pas été les seuls à penser cela.
Delerm, il n'est jamais tout à fait où on l'attend. On le croit maladivement timide, il est juste tranquille et nonchalant, aussi à l'aise sur une scène qu'un chat sur un coussin de soie. Ses chansons semblent millimétrées, faites pour le studio, en fait elles ne prennent véritablement toute leur dimension qu'en public, bulles de vie légères, spontanées, aux paroles changeantes au gré de ses humeurs et de ses concerts. On le croit snob et bobo, il cultive l'auto-dérision, le politiquement incorrect et ne prend jamais, au grand jamais, son succès au sérieux. Son public a entre 7 et 77 ans, il a désormais les cheveux tout gris mais il est né en 76 - il a donc deux ans de moins que moi. Il fait très 16ème, tendance Porte de Bagnolet mais il est né à Evreux et a fait ses études à Rouen. On l'imagine sous l'influence de chanteurs intello torturés, il se réclame d'Alain Souchon, a été lancé par le comique des Deschiens François Morel et introduit dans sa maison de disque par Thomas Fersen, qui, lui confiait, fine mouche :
- Toi, ta grand force, c'est que tu fais marrer les gens.

Ce soir, Delerm fait, au sens propre, son cinéma.
Fan de François Truffaut et de l'humour poétique de Jacques Tati, il nous donne à entendre la voix de Souchon sur fond de photo de Jean-Pierre Léaud, période Antoine Doinel, et recrée le décor de la maison de "Mon Oncle". Il s'imagine en héro d'un improbable pastiche de film muet des années 30 tout en chantant son désormais célèbre "Monologue Shakespearien", puis exhume d'hallucinantes "réclames" provinciales projetées dans les cinémas des seventies.

En cinq minutes, avant même la fin de la première chanson, Delerm, pas rasé et l'air de ne pas y toucher, a déjà tout le public dans sa poche. Il fait la moue.
- On va encore me dire : Quand même vos spectacles, c’est très référencé…

Il nous fait rire, Delerm.
Mais il ne fait pas que ça. Quand, après un énième rappel, il entonne, seul, en piano-voix, sa chanson-fétiche "Châtenay-Malabry", la mélancolie de ce couple de quinquagénaires dont les enfants ont quitté le nid et qui s'ennuient dans leur trop grande maison de banlieue nous prend aux tripes.
Discrètement, on essuie notre petite larme en prenant le chemin de la sortie.

lundi 9 février 2009

Cali l'inclassable


Ce vendredi soir, nous avions rendez-vous avec Bruno Caliciuri, alias le chanteur Cali, en concert à la salle Paul B. de Massy pour présenter son dernier opus intitulé "L'Espoir". Nous l'avions déjà vu en public dans cette même salle il y a trois ans, alors qu'il commençait tout juste à être connu et avions été emballé par son talent explosif, sa formidable énergie et sa désarmante sincérité.
Et nous n'avons pas été déçu.

Après "L'Amour parfait" et "Menteur", deux albums centrés sur son malaise existentiel et ses déceptions amoureuses, Cali a décidé d'ouvrir les yeux sur l'extérieur et d'entrer en résistance sur des thèmes qui lui tiennent à coeur : la société, l'engagement, la solidarité. Héritier déclaré de Léo Ferré et Georges Moustaki, et plus près de nous de Lavilliers et Thiéfaine, Cali, notoirement de gauche, ne mâche pas ses mots, tant et si bien que son temps de parole dans les medias est comptabilisé avec le temps de parole du PS... Voilà sa punition pour avoir participé au concert du stade Charléty en 2007 et avoir ouvertement soutenu Ségolène Royal à l'élection présidentielle - la chanson-titre de l'album a d'ailleurs été rageusement écrite le soir de la victoire de Sarkozy. "L'Espoir" est donc un album politique, plein de bruit et de fureur, de colère et d'espoir justement, d'émotions fortes et d'amour pas parfait, mais bon c'est le seul qu'on ait. Et Cali est en passe de ravir à Renaud le titre de "chanteur énervé, voire énervant".

Ceci étant dit, qu'on adhère totalement au message délivré ou qu'on trouve certaines de ses revendications naïves ou exagérées, on ne peut qu'être embarqué par ses talents de musicien, sa fougue, la sincérité de ses engagements et cet énorme pouvoir de sympathie qui émane de lui lors de ses concerts.
Car en concert, Cali est toujours aussi bon, voire même meilleur qu'à ses débuts. Sa voix a encore gagnée en puissance et en maîtrise, ses musiciens sont au top et ses réarrangements de chansons nous les font découvrir une seconde fois. Quant à son énergie légendaire, elle n'a en rien été entamée par une cheville cassée et divers autres foulures en concert et à quarante piges passées, il continue de caracoler sur scène et dans les gradins.
Que voulez-vous, Cali, il est comme ça : fou, fou, fou.
Sincérité, engagement, et des putains de belles chansons, c'est le cocktail détonnant de Cali le magnifique.

lundi 15 décembre 2008

Enfin, on était prêt !

Voilà un week-end chargé, typique de ce mois de Décembre un peu fou où on court de spectacles pour enfants en concerts de Noël, de goûters à 10h du matin en séance shopping en-nocture-pour-trouver-les-derniers-cadeaux-qui-manquent (il en manque toujours).

Vendredi soir, 20h15 :
Mathilde, notre baby-sitter préférée (et la préférée de nos filles également, ça tombe bien) arrive avec sa guitare, pendant que les heureux parents (nous, donc) s'éclipsent discrètement pour aller rire aux histoires abracadabrantes de Jean-Jacques Vanier, ex-membre talentueux de la "Bande à Ruquier" sur France Inter. Le one-man-show s'intitule joliment "Elles" et, à partir de saynètes de la vie de tous les jours, analyse avec un humour décalé et décapant et beaucoup de finesse les rapports entre hommes et femmes. Constatant les limites de son pouvoir de séduction auprès de la gente féminine, l'humoriste décide de se glisser dans la peau d'une femme pour mieux les comprendre toutes. A défaut de pouvoir littéralement se transformer en femme, il se met en scène dans des situations où il "joue à la femme" : la femme qui rentre du boulot, la femme qui drague et se fait draguer, la femme qui interagit avec ses enfants. Amis à poils et à barbe, vous ne ressortirez sans doute pas de ce spectacle beaucoup plus éclairés sur les mystères du sexe soi-disant faible. Mais tour à tour cocasse, agressif, absurde ou mélancolique, Jean-Jacques Vanier, à défaut de faire de vous d'irrésitibles séducteurs, aura au moins réussi deux choses : vous faire rire et vous émouvoir.

Samedi après-midi :
Il est grand temps de décorer notre beau sapin, acheté la veille, avec tout le faste et le kitsch qui sied à cette période de Noël. A nous les boules brillantes, les étoiles scintillantes, les petits rennes, bonhommes de neige, oeufs peints, angelots dorés, Père Noël bienveillants, guirlandes froufroutantes et clignotantes et, pour couronner le tout, le sapin géant dessiné par Sidonie à la halte-garderie et qui trône au sommet de notre Nordmann.

Mais vite, direction La Villette pour le spectacle sur glace proposé par l'INSERM, "Le Palais des Merveilles", une variation pour enfants sur le thème des Mille et une nuits. Evidemment, l'histoire n'est guère respectée, entrecoupée de numéros de cirque avec des chiens, des lions de mer et divers acrobates, mais on ne voit pas le temps passer, la narratrice Shéhérazade est pleine d'allant et les patineurs sont d'un très bon niveau, avec de belles scènes de danse collective et quelques séquences impressionnantes avec les quarante voleurs et le feu qui prend sous la glace.
Quoi qu'il en soit, les filles sont enthousiastes : Eponine, installée avec d'autres enfants juste devant la scène, a bien apprécié les jeux de mots vaseux d'Ali Baba et toutes les scènes avec des animaux. Sidonie, bouche bée pendant la quasi-totalité du spectacle, a adoré les petits chiens acrobates et a eu une frousse bleue des voleurs et de leurs sabres.


Dimanche, 17h :
Dernier concert de Noël avec la chorale des Villains de Massy, à l'église de Bures-sur-Yvette.
Cette fois, on peut dire que le "petit plus" qui nous avait manqué la semaine dernière, est au rendez-vous : les choristes chantent juste, maîtrisent leur répertoire, sont dynamiques et heureux d'être là. L'environnement y est aussi pour beaucoup : église petite mais charmante, acoustique excellente et public réceptif, enthousiaste.
Commentaire de notre chef de choeur :
- Oui, cette fois, c'était vraiment bien! L'année prochaine, il faudra chanter comme ça dès le premier concert!
Régis est venu aussi, avec les enfants. Sidonie ne cache pas son enthousiasme mais Eponine boude, car Régis, qui filmait, l'a empêchée de regarder dans le viseur du caméscope...

Celui qui me trouve sur la photo gagne un Pan bagna
(Valé, à toi de jouer)

mardi 9 décembre 2008

Ca aurait pu être mieux

Samedi soir, ma chorale donnait son premier concert de Noël 2008 à l'église Saint-Saturnin d'Antony et l'impression est la même que l'année dernière pour la messe de Charpentier : ce premier concert n'était pas tout à fait au point. Non que nous ayions été franchement mauvais, mais nous n'avons pas non plus été bons : quelques faussetés, des problèmes de rythme sur certains chants, un manque générale de nuances et un côté un peu "scolaire".

Le surlendemain, à notre traditionnelle répétition du Lundi, le commentaire de notre chef de choeur tombe, sévère mais juste :
- J'avais par moment l'impression que vous ne me "répondiez" pas, que vous n'étiez pas là.

Du coup, on passe la soirée à revoir les chants de Jean Mamie, à travailler notre justesse et à essayer de trouver ce qui nous a fait défaut ce week-end : un supplément d'âme.

vendredi 28 novembre 2008

A ceux qui n'ont jamais vu Thomas Fersen en concert

Thomas Fersen, auteur-compositeur-interprète du "Bal des oiseaux", du génial album "Qu4atre", de "Pièce montée des grands jours", du "Pavillon des fous" et du tout récent "Trois petits tours", est le seul chanteur qu'on ait jamais comparé à Jean de la Fontaine pour la richesse de ses textes et l'incroyable bestiaire qui habite ses chansons. Autre particularité de l'animal : ses chansons, à peine dans les bacs, deviennent déjà cultes et appartiennent à l'histoire.
Celles-ci, véritables fables hilarantes, nous rejouent la vie des bêtes ("Les Papillons", "Le Lion" ,"La Chauve-souris", "Le Chat botté", "Zaza", "Pégase", "Mon iguanodon", "Les Mouches", "Le moucheron", "La blatte"), nous transportent dans la peau de personnages étranges, souvent féminins ("Irène", "Louise", "Marie-des-guérites", "Diane de Poitiers", "Hyacinthe", "Dugenou", "Monsieur", "Elisabeth", "Germaine"), ou donnent chair à des objets familiers ("La malle", "Ukulélé", "Les cravates", "Chocolat").
Déjanté, irrésistiblement drôle, virevoltant et émouvant, Fersen l'est dans ses albums enregistrés mais plus encore dans ses concerts, où il sautille d'une chanson à l'autre, insaisissable, tournicotant, danseur de gigue infatiguable et nonchalant. Il était tout cela à La Cigale il y a deux ans, en pantalon à gros carreaux, et encore hier soir aux Folies Bergères, en robe à frou-frou, jamais où on l'attend et pourtant toujours fidèle à lui-même. On ressort de là avec une pêche d'enfer et l'envie de jouer du Ukulélé jusqu'au petit matin.

Bref, vous l'aurez compris : si vous n'avez jamais vu Thomas Fersen en concert, allez-y, vous ne le regretterez pas. Et tant pis si vous ne connaissez pas toutes ses chansons : les autres spectateurs, eux, les connaissent déjà par coeur.

lundi 21 juillet 2008

Week-end au Zoo

Nous avions promis d'y emmener les filles, alléchées par les photos des tigres blancs aux yeux bleus sur les prospectus : nous voilà en route pour le Loir-et-Cher, afin de découvrir le fameux zoo de Beauval à St Aignan, qui a la réputation d'être un des plus beaux de France. Partis le samedi, nous nous arrêtons au château de Blois, assez beau, et assistons à un spectacle d'escrime ancienne dans le plus pur style "Trois mousquetaires".

Après une bonne glace à la terrasse d'un café du vieux centre-ville, nous passons par hasard devant une scène montée sur une petite place. Intriguée, je dévisage les occupants de la scène, munis de micro et de guitares et stupéfaite, je reconnais... Marie Cherrier, qui nous avions vue en concert à La Cigale en Mars dernier! Comme elle donne un concert gratuit plus tard dans la soirée, elle fait une répétition et quelques réglages son et lumière avec ses musiciens, en public et en pleine ville. Ravis de cette aubaine, on reste l'écouter une bonne heure durant, savourant le plaisir de pouvoir admirer de très près la chanteuse et profitant à fond de ce petit concert privé. Eponine et Sidonie, béates, s'assoient sur un banc face à l'estrade et applaudissent à tout rompre.























Mais il est temps de rejoindre notre chambre d'hôtes, où nous attend la propriétaire, une dame charmante qui nous indique le seul restaurant du coin encore ouvert (il est 20h15), commentant, philosophe :
-C'est pas Paris, ici!
Nous dînons, détendus et heureux, au bord d'un canal, regardant passer les péniches dans le soleil couchant..


Après une nuit passablement agitée (nos filles ont bien dormi mais la petite de la chambre attenante s'est réveillé trois ou quatre fois en hurlant...), on se précipite au guichet du zoo pour commencer la visite et en profiter au maximum. Le zoo de Beauval est à la hauteur de sa réputation : immense, très bien entretenu, avec des animaux visiblement en pleine santé, un grand nombre d'espèces, des enclos bien aménagés et sans grillage et de belles animations. En un mot : la rolls des zoos. Le spectacle de rapaces est très impressionnant, avec les oiseaux les plus gros que j'aie jamais vus voler. La savane africaine est sans clôture et on peut pratiquement toucher zèbres et girafes. L'îlot des manchots est très réussi, tout comme les serres tropicales, remplies d'oiseaux exotiques fabuleux en liberté, de koalas, de chimpanzés et d'orangs-outans au regard curieusement humain, d'énormes gorilles rugissants, de poissons multicolores et de lamentins, ces drôles de monstres des mers apathiques et doux.






















Mais le clou du zoo, ce sont ses fauves : pumas, panthères, lions magnifiques et puissants, tigres blancs aux yeux bleus, on ne sait plus lesquels admirer. Leur repas, vers 19h, est un grand moment de violence : à l'approche de la camionnette de nourriture, les fauves tournent en rond dans leur cage, boules de muscles et de nerf, et déchiquettent des poulets entiers dans un bruit d'os brisés.

C'est sur cette image édifiante qu'on reprend la route, épuisés mais heureux.

dimanche 22 juin 2008

Faites de la musique!

En ce jour de Fête de la musique, je chante avec ma chorale dans une maison de retraite proche de l'Opéra de Massy. Beaucoup de pensionnaires sont en chaise roulante ou ne semblent pas avoir toute leur tête et la plupart des choristes, désarçonnés par ce public peu ordinaire, ont du mal à rester concentrés. Au final, notre prestation est médiocre, parsemée d'erreurs et d'incidents : une choriste trop émotive s'écroule, en larmes, au milieu de la première chanson ; ma comparse de chant se trompe de voix dans la seconde ; et les ténors pouffent de rires à la vue de deux petites vieilles qui se coursent en chaise roulante dans le couloir. Mais malgré tout, l'émotion passe et en sortant, une dame pourtant grabataire et victime d'un strabisme divergent, me lance, les yeux brillants :
- C'était très beau.

A 21h, je retrouve mes compagnons pour un deuxième tour de chant à l'église Saint-Rémi de Gif-sur-Yvette. Régis et les filles m'accompagnent, impatients de nous écouter.

Au programme : du classique (La Nuit de Rameau, Locus Iste d'Anton Bruckner, Ave Verum de Mozart), des chansons populaires (Mon Amant de St-Jean, Chanson sans calcium), une variation autour de la fable de La Fontaine Le Corbeau et le Renard, du gospel (Everybody sing Freedom, Amazing Grace) et un très joli chant traditionnel japonais Takeda Lullaby.
L'acoustique est somptueuse, le public réceptif et, bien décidés à faire mieux que cet après-midi, nous sommes enfin à la hauteur. Eponine et Sidonie, visiblement fières de leur maman, sont enthousiastes et applaudissent à tout rompre, n'attendant d'ailleurs pas toujours la fin des chansons.

Le lendemain soir, lors de notre traditionnel dîner de fin d'année, une centaine de choristes attablés entonne à pleins poumons "Freedom". On continuerait bien jusqu'au bout de la nuit.

samedi 17 mai 2008

A l'Opéra : Beethoven en paix

Attention, tenez-vous bien : CE SOIR, JE CHANTE A l'OPERA DE MASSY (excusez du peu) la Messe en Ut de Beethoven. Je serai (discrètement) aidée par mes 200 congénères choristes et par la cinquantaine de musiciens de l'Orchestre de l'Opéra mais enfin, il y a des jours comme ça où on peut se permettre de frimer un peu.

Au cours de la répétition générale qui a lieu l'après-midi, ma voisine, très professionnelle, me souffle :
- Je ne chante pas les parties les plus aiguës car je veux préserver ma voix pour le concert de ce soir...
L'excitation et le trac gagnent les rangs des chanteurs : on n'est pas encore tout à fait au point et pourtant, ce soir, il faudra que tout soit parfait.

Le concert débute à 20h avec une création de musique contemporaine intitulée, non sans humour, "Quiès". L'idée du jeune compositeur est de reproduire le type de sons entendus à travers des boules Quiès, en hommage à la surdité de Beethoven. Le résultat est virtuose, étonnant et laisse perplexe une bonne partie de la salle, composée en majorité de septuagénaires bien peignés. Aucune mélodie ne se dégage mais je m'amuse à deviner quel instrument produit les sons tantôt grinçants, tantôt ouatés. Lorsque le morceau est soudainement perturbé par un technicien qui téléphone bruyamment dans les coulisses, l'espace d'un instant, on se demande si cela fait partie du spectacle. Imperturbable, la jeune femme chef d'orchestre a des gestes d'une grâce et d'une précision infinies.
Puis l'Orchestre symphonique de Massy revient sur un terrain plus classique et plus consensuel avec la 7ème symphonie de Beethoven, une des plus difficiles à jouer paraît-il. Alors que j'admire la maîtrise et la fougue de Dominique Rouits, le chef d'orchestre en titre de l'Opéra de Massy, je suis soudainement frappée par sa ressemblance avec l'Inspecteur Morse, alias l'acteur britannique John Thaw : visage large, front dégarni, nez fort et yeux bleus perçants, bedaine proéminente, silhouette trapue, il a son énergie tantôt contenue, tantôt explosive et son élégance nonchalante. C'est sous les applaudissements frénétiques de la salle qu'il lisse ses cheveux et remet en place le col froissé de sa veste de smoking.

Enfin, c'est notre tour d'entonner cette Messe en Ut sur laquelle nous avons tant souffert. L'impression est fabuleuse : grisée par la musique et la solennité de la salle, je n'ai jamais eu autant de plaisir à chanter. Et le résultat collectif est à la hauteur : c'est sans aucun doute notre meilleure prestation.
Quant à ma voisine, elle est restée singulièrement silencieuse pendant les passages les plus ardus ; à force de préserver sa voix, elle a dû tout bonnement oublié de chanter.

samedi 15 mars 2008

Petite Marie

Ce soir à 18h, Mathilde la baby-sitter est sur le pont, chargée de veiller sur nos deux petits matelots : nous allons voir Marie Cherrier en concert à La Cigale.

Bien que nous ne connaissions cette jeune chanteuse de 23 ans que depuis peu, nous sommes enthousiasmés par sa voix étrange, à la fois rauque et juvénile, son énergie communicative, sa générosité et son humour. Digne héritière de Brassens et Renaud (à qui elle a consacré une chanson, magnifique), elle ciselle des textes beaux et précis, où chaque mot est à sa place, dans un registre de langage inhabituel chez cette nouvelle génération de chanteurs. Le concert est d'autant plus émouvant que c'est la première fois que Marie Cherrier, encore peu connue, se produit dans une "grande" salle parisienne et on la sent tout à la fois traqueuse, émue et fière d'être là. Elle est d'ailleurs soutenue par son fan-club de la première heure, un groupe d'admirateurs qui la suit depuis ses débuts, fait le déplacement pour chacun de ses concerts et connaît la moindre de ses chansons par coeur. Au troisième rappel, en larmes, elle souffle :
- Ah, je m'en souviendrais, de la Cigale..
La réponse fuse, anonyme, amoureuse :
- Nous aussi, Marie!

mardi 19 février 2008

Ma-gni-fique

En ce mardi soir, sur le campus d'Orsay et sous la direction de Martin Barral, ma chorale chante une ultime fois son programme de l'année dernière, le fameux "Magnificat" de John Rutter dont j'ai tant entendu parlé. Moi, je viens en spectateur écouter le résultat de plusieurs mois de travail.

Maintenant je peux le dire : oui, ce "Magnificat" porte bien son nom.

Tantôt en latin, tantôt en anglais, c'est une oeuvre religieuse grandiose et fort peu conventionnelle, qui rappelle à certains moments l'atmosphère des grandes comédies musicales anglo-saxonnes.
Quand les quatre-vingt choristes et les cinquante musiciens de l'Orchestre Symphonique d'Orsay donnent de la voix et de l'instrument, l'énergie dégagée électrise la salle et on se sent frémir de plaisir.

dimanche 16 décembre 2007

Deux autres concerts de Noël

Et pour clore un week-end déjà chargé, je chante samedi soir à l'église Sainte-Marie-Madeleine à Massy et dimanche après-midi à Chilly-Mazarin.

A Massy, à ma grande fierté, Régis, Valérie et Magalie sont venus m'écouter.
L'église, pourtant très vaste, est bien remplie et la chorale est à la hauteur : plus à l'aise qu'à Bures-sur-Yvette, nous faisons peu d'erreurs et mettons davantage d'âme. "Mon" public a apprécié mais regrette de ne pas m'avoir beaucoup vue, car j'étais cachée derrière d'autres choristes.

Dimanche, je commence à accumuler la fatigue et un rhume me guette mais je tiens le choc pour le dernier concert. L'église Saint-Etienne de Chilly est petite, mignonne et pleine à craquer.
Marie-Renée, notre chef de coeur trouve les mots justes pour nous encourager :
- C'est la dernière fois que vous chantez cette messe de Charpentier, alors allez-y, faites-vous plaisir!
Et c'est ce qu'on fait : libérés, on se donne à fond et on prend vraiment plaisir à chanter. Le public, ravi, ne ménage pas ses applaudissements.
Ce concert est vraiment le plus beau des trois et Marie-Renée, les yeux brillants, semble sur un petit nuage. A la fin de l'Agnus Dei, le "Merci" qu'elle nous murmure veut vraiment dire quelque chose.
Nous invitons ensuite le public à nous rejoindre pour un pot amical et c'est là que Régis, Eponine et Sidonie me font la surprise de débarquer ! Je suis naturellement fière de présenter mes filles, qui ne se privent pas de faire du charme à toutes les grands-mères.

vendredi 14 décembre 2007

"L'eau" de Jeanne Cherhal

Ce vendredi soir, je sors : Magali et moi allons voir Jeanne Cherhal en concert à Paul Baillard, pendant que nos hommes gardent les enfants.

En première partie, Abel K1, quelque part entre Calogero et Noir Désir, est très applaudi.
Puis Jeanne arrive et s'installe, frêle et souriante, au piano. Elle croise et décroise ses longues jambes... et elle envoie!
Quelle pêche, quelle voix!
Le concert est superbe et l'artiste généreuse, drôle, décalée. Le public apprécie et la rappelle deux fois. Elle conclut par la magnifique chanson "Merci".
Il fait très chaud et il est tard mais je serais bien restée encore un peu en si bonne compagnie.

Ecoutez "Quand on est très amoureux" :
http://www.youtube.com/watch?v=uSMLadp15MA
Ecoutez "Merci" :
http://www.youtube.com/watch?v=W1_xH5eQqe4&feature=related
de Jeanne Cherhal (extrait de l'album "L'eau")

dimanche 9 décembre 2007

Concert à Bures-sur-Yvette

Ce Dimanche 9 Décembre est un grand jour : je participe à mon premier concert avec la chorale des Villains de Massy à l'église de Bures-sur-Yvette.

L'église est assez petite mais très jolie et l'acoustique se révèle excellente.
Nous arrivons avec deux bonnes heures d'avance afin de faire une ultime répétition car nous sommes loin d'être prêts.
Après la répétition, notre chef de choeur résume ainsi la situation :
- Je suis confiante car vous avez fait là toutes les erreurs qu'il était possible de faire..

Le concert débute par le groupe "Eclats de rires" constitués de fillettes de 10 ans et se poursuit avec les adolescentes d'"Eclats de voix", fragiles et émouvantes, et l'ensemble des Deux Mondes (chorale de musique baroque).
Lorsque Abracada'Jazz fait son entrée sur les côtés de l'église en claquant des doigts, j'ai déjà les pieds gelés mais très vite, leur chant plein d'énergie et de générosité nous réchauffe un peu. La salle est enthousiaste.

C'est vers 18h, après un court entracte, que nous entonnons la messe de minuit de Marc-Antoine Charpentier, accompagnés de l'ensemble orchestrale "Baroquerie du Val de Bièvre". Fort heureusement, nous ne faisons pas autant d'erreurs que lors des répétitions mais nous nous concentrons tellement pour éviter les bourdes que notre interprétation est un peu mécanique et manque de nuance. Le public applaudit tout de même assez chaleureusement.

Rendez-vous samedi prochain à Massy.