On quitte à regret le soleil cévenol et notre superbe gîte pour reprendre la route en direction de Sète, où nous avons prévu de retrouver Julie, Vévé et Pablo pour une après-midi de plage. Manque de chance, d'autres vacanciers ont eu la même idée que nous et après plusieurs heures d'embouteillage, nous ne passerons qu'à peine deux heures ensemble, juste le temps de se raconter les dernières péripéties de nos vies mouvementées, s'extasier devant les progrès de nos rejetons respectifs, piquer une petite tête dans l'eau fraîche et avoir une pensée émue pour Georges Brassens et sa belle "Supplique pour être enterré sur la plage de Sète".


De là, re-embouteillage et installation, enfin, à Arles, où nous attendent huit jours de luxe, calme et volupté. Un grand studio avec balcon à proximité de la ville, des propriétaires accueillants et "avé l'accent" et une piscine ma-gni-fique, que demander de plus?


Quand les filles jouent aux petites vendeuses de glaceDès que nous mettons le pied dans la vieille ville d'Arles, Régis et moi avons le coup de foudre pour ses ruelles colorées qui fleurent bon l'huile d'olive et rapellent l'atmosphère de certaines villes d'Italie ou du Maghreb. Ni sale ni trop policée, Arles est à la fois authentique, avec ses fontaines, sa vie de quartier, ses bistrots, ses petits commerces locaux, et touristique, avec ses boutiques à souvenirs, ses belles arènes antiques et ses terrasses de café. On ne se lasse pas de se perdre dans le dédale de ses rues, au hasard de notre inspiration, l'appareil photo dans une main et un cornet de glace dans l'autre.
Et on profite de la présence des
Rencontres photographiques d'Arles pour aller admirer une exposition de Richard Avedon hébergée au cloître St Trophime.


A la sortie de la ville, la Cathédrale d'Images, aménagée à l'intérieur d'une carrière de pierre par Albert et Anne Plécy, propose depuis 1977 de magnifiques spectacles sons et lumières. Cette année, Van Gogh est à l'honneur et nous profitons de la fraîcheur des galeries pour nous relaxer, danser sur un parterre d'iris projetées au sol et s'émerveiller devant les portraits géants et les paysages indigo d'Auvers-sur-Oise. Un moment de pure magie, même pour les petites qui ne connaissent pas l'oeuvre du peintre.


On ne peut guère passer une semaine à Arles sans faire une incursion en Camargue profonde, celle des chevaux sauvages, des flamands roses et des gardians et leurs taureaux. Sur la petite route qui longe les marais, on joue aux chasseurs d'images mais les animaux se tiennent à distance et il nous faut renoncer aux traditionnels gros plans de chevaux blancs au galop. Quant aux moustiques, omniprésents, ils ont moins de scrupules et n'hésitent pas à venir nous chatouiller la peau.



Mais l'attraction arlésienne par excellence, ce sont les courses camarguaises qui ont lieu chaque mercredi dans les arènes de la ville. Un groupe de jeunes volontaires de la région pénètre dans l'arène et, à tour de rôle, tente de saisir la cocarde nichée entre les cornes du taureau. Rapidité, ruse, agilité et souplesse sont les clefs de leur réussite : les taureaux sont hargneux, courent vite et n'hésitent pas à sauter par-dessus la balustrade pour courser leur assaillant lorsqu'ils sont piqués au vif! La mise à prix de la cocarde fait l'objet d'enchères et les annonces sont souvent insolites ou cocasses :
2€ de plus pour l'agence immobilière Mastuvu, 3€ de plus pour Julie qui se marie dans 3 jours, 5€ de plus pour le poissonnier "A la belle truite" de la rue Clémenceau etc.



Bon, le soleil n'a pas toujours été au rendez-vous mais malgré cela, le charme provençal a opéré et nous sommes tous bien décidés à revenir l'année prochaine... mais pour quinze jours cette fois!
Petit taureau deviendra grand
A bientôt!