
On n'avait pas trop la tête à ça...
... mais pour la photo et pour Mamie Yvette, on esquisse un sourire.


De là, re-embouteillage et installation, enfin, à Arles, où nous attendent huit jours de luxe, calme et volupté. Un grand studio avec balcon à proximité de la ville, des propriétaires accueillants et "avé l'accent" et une piscine ma-gni-fique, que demander de plus?




A trente minutes de là au coeur des Alpilles, le village des Baux-de-Provence, sans doute sublime en dehors de la saison touristique, regorge d'envahisseurs en short et il est impossible de s'y garer en plein jour à moins de 5km à la ronde. Par contre, dès la tombée de la nuit, il n'y a plus âme qui vive et la cité médiévale, perchée sur son promontoire rocheux, se transforme en un théâtre d'ombres spectaculaire et mystérieux, à peine troublé par le bruissement du vent.


On ne peut guère passer une semaine à Arles sans faire une incursion en Camargue profonde, celle des chevaux sauvages, des flamands roses et des gardians et leurs taureaux. Sur la petite route qui longe les marais, on joue aux chasseurs d'images mais les animaux se tiennent à distance et il nous faut renoncer aux traditionnels gros plans de chevaux blancs au galop. Quant aux moustiques, omniprésents, ils ont moins de scrupules et n'hésitent pas à venir nous chatouiller la peau.


Tout au bout de la départementale, Salins-de-Giraud vaut le détour avec son atmosphère étonnante de petite ville minière, ses maisons de corons en brique rouge, ses lotissements bien quadrillés et ses salines toutes proches qui s'étirent jusqu'à la mer. Le paysage évoque davantage le Pas-de-Calais que la Provence ; ah tiens, il pleut.

Mais l'attraction arlésienne par excellence, ce sont les courses camarguaises qui ont lieu chaque mercredi dans les arènes de la ville. Un groupe de jeunes volontaires de la région pénètre dans l'arène et, à tour de rôle, tente de saisir la cocarde nichée entre les cornes du taureau. Rapidité, ruse, agilité et souplesse sont les clefs de leur réussite : les taureaux sont hargneux, courent vite et n'hésitent pas à sauter par-dessus la balustrade pour courser leur assaillant lorsqu'ils sont piqués au vif! La mise à prix de la cocarde fait l'objet d'enchères et les annonces sont souvent insolites ou cocasses : 2€ de plus pour l'agence immobilière Mastuvu, 3€ de plus pour Julie qui se marie dans 3 jours, 5€ de plus pour le poissonnier "A la belle truite" de la rue Clémenceau etc.
Un petit air de Roland Garros?


Heureuse coïncidence, mon amie d'enfance Charlotte, son mari Philippe et ses deux enfants Matéo, 6 ans et Lisa, 2 ans sont eux aussi en vacances à quelques kilomètres de là, juste à côté de St Rémy de Provence. Nous les rejoignons pour une après-midi de feria assez décevante, où après une heure d'attente derrière des grilles, nous peinons à apercevoir le taureau serré de près par les gardians à cheval. Mais l'atmosphère est festive, et grands et petits sont heureux de se retrouver sous une tonnelle devant un apéritif.


On voyage non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver.
(Jean Grenier)
Le Bonheur individuel se doit de produire des retombées collectives, faute de quoi la société n'est qu'un rêve de prédateur.
(Daniel Pennac)
Je crois qu'il faut presque toujours un coup de folie pour bâtir un destin
(Marguerite Yourcenar)